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Du MIP d'octobre-novembre 90 et ses leçons

Le Togo, société essentiellement petite-bourgeoise

Notre pays reste essentiellement agricole avec un développement industriel embryonnaire, ce, suite à la domination (et la volonté) coloniale et néo-coloniale de l'impérialisme singulièrement français rétrograde. L'agriculture occupe toujours plus de 87% de la population. Et le secteur des services du commerce occupe une large frange du reste. Ce qui fait que, socialement, notre société est essentiellement petite-bourgeoise. Cette petite-bourgeoisie, l'écrasante majorité de la population, reste hélas ! arriérée, peu consciente de ses intér'ts. Aussi, au temps de la lutte anti-coloniale, au temps d'Ablodé, elle a joué un grand rôle, un rôle important avec sa fraction radicale. Et, hélas ! le mouvement syndical et le mouvement démocratique sont restés, jusqu'à récemment, entre ses mains, sous sa domination idéologique; avec tout ce que cela comporte de tares petites-bourgeoises, comme on le voit présentement avec les faux amis du Peuple (FAP). Ceci faute d'un courant communiste affirmé, du Parti communiste, l'avant-garde du prolétariat organisé, dans notre pays, avant l'avènement du Parti Communiste du Togo.

Cette petite-bourgeoisie togolaise (comme toute petite-bourgeoisie à travers le temps et l'espace) n'échappe pas à cette fluctuation permanente entre la bourgeoisie et le prolétariat. D'oô, entre toutes les conditions préalables à une insurrection, celle de la petite-bourgeoisie est la plus instable. D'oô cet indispensable travail entamé par le Parti Communiste du Togo (PCT) dès sa naissance, en sa direction, conscient que dès que cette petite-bourgeoisie aura acquis la conscience de son état, elle sera, deviendra l'alliée naturelle du prolétariat et l'insurrection ne sera plus un problème théorique mais essentiellement pratique. Sans un tel travail cette petite-bourgeoisie risque de continuer de dormir, de ne point s'éveiller, au point qu'elle restera le jouet de la bourgeoisie. Le PCT s'est engagé dans un tel travail sans s'aigrir outre mesure l'esprit dans le doute de ce que fera cette petite-bourgeoisie. Hélas, le PCT n'a pas encore atteint ce niveau de centre d'attraction des classes et couches des travailleurs (non-ouvrières) quand éclata ce mouvement insurrectionnel populaire (MIP) d'Octobre 90.

D'oô toujours ce combat acharné du PCT de se la gagner, durant ce MIP, de la soustraire à la grande bourgeoisie réactionnaire (GBR) en général (de leur lutte entre clan autocratique et clan oligarchique) des FAP en particulier, des manigances et man˙uvres et des tentatives continuelles de contrôle du mouvement insurrectionnel populaire ((MIP) par les FAP ou pour le couple France-Eyadéma. Car c'est parce qu'elle avait basculé du côté de la grande-bourgeoisie nationaliste que le Peuple togolais avait pu obtenir sa victoire du 27 Avril 1958 sur le colonialisme français. Et c'est parce qu'elle n'a pu résister aux coups, d'abord du pouvoir autocratique de Sylvanus Olympio dès les années 60, et plus particulièrement à la barbarie moyenâgeuse du fascisant couple France-Eyadéma, que le mouvement syndical et le mouvement démocratique de notre pays ont sombré dans un long reflux, pour atteindre le tréfonds de la vague depuis l'orientation "participationniste responsable pour la construction nationale" et la trahison des différentes directions du mouvement syndical depuis 1960 jusqu'à récemment.

Ainsi la direction du mouvement syndical et ouvrier (et démocratique) togolais, depuis sa naissance, il y a déjà 60 ans, n'a pas échappé à l'emprise de la petite-bourgeoisie dont les positions varièrent du radicalisme au réformisme et jusqu'à la compromission totale participationniste avec la bourgeoisie. C'était sur la base de cette formation et par son biais, que s'épanouirent et se développèrent les conceptions et pratiques petites-bourgeoises (étrangères, même anti-ouvrières, bourgeoises) de conciliation de classes. L'élément ouvrier, non seulement, n'accéda point à la direction de ce mouvement, mais encore, était resté, jusque là, dépourvu de pensée autonome de classe, et ce pour des raisons essentielles suivantes:

- l'absence de la direction (de Parti) politique révolutionnaire (ML) alors même que la bourgeoisie était active et omniprésente, influente et même force dirigeante dominante.

- le retard des forces productives et la prédominance de la petite-bourgeoisie urbaine et rurale (artisans, commerçants, boutiquiers, paysans, petits et moyens fonctionnaires, employés, médecins, intellectuels, étudiants, ...) Ces couches sociales véhiculèrent, il va s'en dire, l'idéologie du petit producteur et renforcèrent, dans le mouvement, la tendance à la conciliation de classes et le conservatisme:

- l'absence de tout caractère de classe au sein des différentes organisations et luttes composantes du mouvement

. -suite au concours de la CGT-PCF réformiste dont a bénéficié l'UGT (devenue plus tard l'UNTT) presque toutes les organisations syndicales naquirent réformistes, légalistes. Et le mouvement ne rompit point avec une telle orientation. Ainsi du syndicat revendicatif combatif, certes réformiste, on passe en 1960 avec Sylvanus Olympio et Akouété Paulin à un "syndicat constructif de participation responsable" à une orientation "participation responsable pour la construction nationale".

Conséquences

* La classe ouvrière togolaise est restée marginale et marginalisée dans la vie politique et soumise au joug de la volonté de la bourgeoisie. Le spontanéisme et le populisme qui caractérisent les premières et rares tentatives infructueuses d'organisation de mouvement ouvrier de façon autonome ont causé à ce dernier des dégâts supplémentaires.

* La facilité avec laquelle le clan de la bourgeoisie anti-colonialisme français de Sylvanus Olympio s'empara de la victoire populaire du 27 avril 1958 acquise principalement grâce à la lutte et aux sacrifices des travailleurs.

* Et comment le régime Olympio décapita le mouvement syndical dans l'espoir de faire de ce dernier une caisse de résonance et agent d'exécution de ses objectifs.

* La facilité encore plus déconcertante avec laquelle le pouvoir autocratique France-Eyadéma du Parti-Etat RPT décapita de nouveau à son tour, la centrale UNTT, dissout cette dernière pour lui substituer sa fantoche CNTT participationniste.

* La faiblesse et l'effritement qui ont caractérisé la résistance.

* L'abdication de la direction des Salami, Toovi, après ses concessions et reculades successifs.

* Et ce mouvement, depuis le début des années 60 s'est profondément enfoncé dans un reflux chronique,

* et que la conscience de la classe ouvrière ne réalise pas le bond qualitatif souhaité, avant le courant ayant abouti à la naissance du PCT. Ce sont là une preuve irréfutable et une conclusion logique du néfaste rôle de bureaucratie de cette direction et de sa nature.

Voilà comment le pessimisme le défaitisme et la capitulation petits-bourgeois face aux moindres obstacles et difficultés (inhérents à toute lutte contre un pouvoir dictatorial, fascisant comme celui du couple autocratique France-Eyadéma avec son Parti-Etat-RPT et sa fantoche CNTT) ont gagné et imprégné ce mouvement. Avec cette pratique caricaturale, déviationniste, de trahison, débutée en 1960, devenue hélas ! traditionnelle dans notre pays, C'est ainsi que cette pratique déviationniste, par exemple prétend transformer le 1er mai en une journée de f'te, avec sa procession pacifique bon-enfant avec la lecture formelle d'un cahier de "doléances" platonique, son pique-nique et ses réjouissances, bref en une journée conviviale et de paix sociale, occultant les revendications et aspirations véritables et réelles des travailleurs.

Alors que le 1er mai est une journée internationale de lutte pour tous les travailleurs, une lutte de classes, travailleurs-patron, ouvriers-bourgeoisie, une journée oô les travailleurs se mobilisent et descendent en masse dans la rue, pour compter leur force, pour poser et exiger, ensemble, la satisfaction de leurs revendications, pour exprimer leur détermination à lutter jusqu'au bout contre l'exploitation et l'oppression et leur espoir dans un monde meilleur. Ce seul exemple illustre bien nos propos. En effet, cette déviation est due à l'offensive du capital, de la bureaucratie, à l'influence du réformisme et de la réaction dans les milieux ouvriers et des travailleurs et à l'absence d'une direction politique dominante de la classe ouvrière. Cet état de chose a pour autre conséquence la coudée franche laissée à la bourgeoisie de s'imposer et d'agir avec une facilité, dans une certaine mesure, déconcertante.

Il y a aussi ce fait que la majorité des anti-France-Eyadéma des démocrates anti- néocolonialistes d'aujourd'hui (comme des nationalistes du temps de la lutte pour l'ABLODE hier) sont essentiellement des petits-bourgeois conciliants avec l'impérialisme. Et rares parmi eux parlent (et optent pour) de révolution et surtout de celle dépassant cette révolution bourgeoise qui ne peut résister aux assauts de l'impérialisme.

Le Congrès extraordinaire des 30-31 Décembre 1996.
Le Parti Communiste du Togo (PCT).


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