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Poursuivre le Combat du 5 octobre pour le renversement du pouvoir despotique Eyadema !

Le Parti Communiste du Togo 05/11/1990

Une fois encore le despote autocrate a fait honneur à sa réputation de bourreau du Peuple togolais. Il a ordonné un nouveau massacre dont le degré d'horreur est inédit dans notre pays: 11 personnes assassinées, 38 blessées. Ces crimes contre le Peuple ne font que s'allonger. En attendant que ce dernier lui demande l'addition, à lui et à son régime, alors que les masses sont en train de panser leurs plaies, de soigner leurs blessés, et de se préparer à venger dignement leurs morts en amplifiant davantage et vaillament leurs mouvement de luttes revendicatives, un certains Edouard Kodjo, toujours fidèle à lui-même, lance son fameux «appel au pardon une réconciliation nationale». Et pour bénéficier d'un tel pardon du Peuple, pour s'auto-pardonner ses crimes contre ce dernier, il fait remonter le pardon jusqu'à 1963. Charité bien ordonnée commence par soi-même, dit l'adage. Car ses mains restent couvertes du sang de notre Peuple. Et ce dernier n'oublie pas. Lui, et ses amis et suppôts ou complices nationaux qu'étrangers prônent le pardon qu'ils justifient au nom de la nécessité de la réconciliation nationale.

Rappelons en passant que c'est avec ces mots d'ordre à la bouche, «Union et Réconciliation», «dialogue nationale», «paix et unité nationale», «le RPT, creuset national pour l'union et l'unité», que lui et Eyadema massacrent notre Peuple depuis 23 ans. Il y a à peine quelques mois, Monsieur Ed. Kodjo est revenu à Lomé, donner quelques précieux conseils à son chef et ami Eyadema. Comme à son habitude. Il n'a nullement rompu avec ce pouvoir sanguinaire, bien au contraire. Il fait des pieds et des mains, multiplie les génuflexions, se met à plat ventre devant le despote Eyadema dans l'espoir d'être nommé Premier Ministre.

Les massacres du Peuple par le pouvoir autocratique d'Eyadema n'ont pas commencé maintenant, ni seulement après le départ d'Ed. Kodjo du gouvernement d'Eyadema. Un tel appel a soulevé à juste titre la colère et l'indignation au sein du Peuple. L'annonce de l'idée appelant à pactiser avec le tyran sanguinaire Eyadema et son régime qui viennent une fois encore de s'illustrer monstrueusement par des massacres ignoble contre le Peuple: assassinat, exécutions sommaires, enlèvements, tortures, et détentions arbitraires, a fait l'effet d'une véritable provocation. Les plaies de cette dictature barbare sont encore toute fraîches, béantes, vivantes& Les mêmes qui, il y a encore quelques mois, parce que le Peuple semblait passif, sans réaction (car inorganisé) face à la barbarie de l'autocratie, le traitaient de «Couard Viscéral», et clamaient partout leur «honte d'être Togolais», «d'appartenir à un Peuple aussi peureux», maintenant que ce même Peuple se dresse vaillament pour dire : «Assez !», et se lance résolument dans l'unique voie qui s'impose, celle de la lutte, pour en finir avec ce régime abhorré, voilà que ces mêmes faux amis du Peuple qui effrayés parlent de «réconciliation pour éviter que le sang ne coule». En fait ils veulent désarmer, démobiliser le Peuple par de fausses illusions, et l'empêcher de conquérir la liberté et la démocratie en se débarrassant définitivement de ses oppresseurs. Comme si le sang ne coulait pas déjà depuis longtemps ! Non !

La résolution du 7éme Conseil National du RPT a consacré la rupture définitive du pouvoir avec tout ce qu'il y a de sain dans le pays. Les travailleurs, les jeunes, les soldats, les paysans et artisans, les cadres, les opérateurs économiques et même des anciens Ministre n'ont pas accepté et n'acceptent toujours pas les vols et détournements, ni les multiples rackets institutionnalisés, le chômage chronique des jeunes, la misère se généralisant, le scélérat plan du FMI-Banque Mondiale et le criminel projet de zone franche, le servilisme à l'égard des puissances étrangères (qui vaut au tyran et honte nationale de multiple médailles et décorations aussi ronflante et dérisoire) les kidnappings crapuleux même au delà de nos frontières, les arrestations et détentions arbitraires, les tortures et le manque de liberté, le caractère archaïque et barbare de l'Etat autocratique. Dès lors, il ne restait à Eyadema que deux possibilités: démissionner (ce qu'exige le Peuple), ou bien s'accrocher en tentant de renforcer le despotisme et en exigeant le plus de servilisme et de lâcheté de ses dignitaires. C'est pour ce dernier choix que l'autocrate tyran a opté. Mais, qu'est-ce que cela donnera ? Rien ! Personne ne croit à un «changement radical en profondeur avec le même Eyadema, Eklo, Polycarpe, Amégbo, Laclé, Améyi, Kortho, avec une volonté renforcée de réprimer d'oppression, avec la même politique du plan scélérat FMI-Banque Mondiale, et le criminel projet de zone franche.

Sur le plan de la répression, quel résultat le pouvoir despotique espère t-il obtenir du renforcement de la répression d'un Peuple qui l'a rejeté clairement, catégoriquement le 5 octobre dernier? Quelle mobilisation générale est possible de travailleurs affamés, de jeunes exclus et contre quels autres exploités ? Aucune. Non, tout le bruit et le tapage, le renouvellement de serment autour des mot «volonté de démocratisation du pays», «union et réconciliation», l'annonce que le RPT renonce à son monopole, indiquent qu'Eyadema et son pouvoir, sérieusement ébranlés le 5 octobre dernier, sont poussés dans leurs retranchements. Quiconque a vu le despote autocrate dans son bunker de Lomé II ou à la présidence ou à la télé, ou entendu simplement sa voix à la radio, se rend compte aisément qu'on a simplement affaire au chef d'un pouvoir fini et irrémédiablement condamné, mais qui s'accroche encore désespérément et vainement. Il a même renoncé depuis le 5 octobre à se rendre en voiture de la présidence à sa résidence de LoméII. Il fallait le voir quand les avocats avaient marché sur la présidence, dans un bafouillage indescriptible, il convenait promptement des critiques adressées au gouvernement par ces derniers. Mais par son entêtement insensé, il veut achever le pays et les masses dans la ruine et la désolation physique et morales. En accentuant sa répression aveugle, ses massacres, il croit venir à bout des masses plus que jamais résolues, déterminées à conquérir la démocratie, et la liberté. Pour lui tout pour conserver le pouvoir.

Et c'est bien là la leçon principale à tirer par le Peuple du soulèvement populaire glorieux du 5 octobre. Vomi, usé, rejeté, Eyadema ne partira pas de son plein gré. Il faut que le Peuple, debout, achève son oeuvre en renversant le despote sanguinaire et son régime pourri de la honte nationale. Les travailleurs, les soldats, les paysans, les artisans, les jeunes, tous les démocrates ne doivent se faire aucune illusion ni se laisser intimider par un despote autocrate poussé dans ses derniers retranchements. L'acculer, l'acculer toujours davantage par des luttes, des luttes toujours plus vigoureuses, puissantes jusqu'à son renversement.

En avant donc pour la poursuite du soulèvement populaire du 5 octobre !

En avant pour le gouvernement révolutionnaire provisoire !


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