|
|
|||||
Notre Peuple a le droit légitime d'utiliser même les armes pour se libérer Le Parti Communiste 02/01/1991 Quiconque reconnaît l'existence de classes sociales dans notre pays, et la lutte des classes ne peut pas ne pas admettre les guerres civiles qui, dans toute société divisée en classes, sont la continuation, l'extension, l'aggravation naturelles, et dans certaines conditions, inévitables, de la lutte des classes. Toutes les grandes révolutions le confirment. Nier toute possibilité et la présence, la réalité de la guerre civile dans notre pays est théoriquement faux; historiquement, c'est une erreur manifeste, pratiquement c'est suicidaire pour les classes dominées, opprimées: ne pas admettre les guerres civiles ou les oublier, ce serait tomber dans le piège des classes dominantes et renier la révolutions, la voie de s'émanciper, de se libérer de la domination, du joug de forces dominantes. Ce serait consentir volontairement. Se complaire dans sa situation de dominés, d'opprimés, d'écrasés, se refuser de sortir de cette situation de victimes. Mais il y a deux sortes de guerres civiles: l'une contre-révolutionnaire, réactionnaire, menée par les ennemis du progrès, du peuple, de la Patrie, et de la révolution, se déroulant dans le cadre national. Elle est menée contre les intérêts des ouvriers, des travailleurs, du peuple, et du pays, par les forces dominantes, la bourgeoisie et la réaction, soit pour conserver ou reprendre le pouvoir. Pour atteindre un tel objectif, ces forces réactionnaires chercheront à diviser le peuple, les ethnies, les nationalités, les peuples, à entraîner une fraction de ceux-ci derrière elles pour l'opposer à l'autre fraction dans une guerre fratricide entre fraction de la population (jouant souvent sur les instincts primaires bas des masses), chacune conduite, toutes manipulées par la réaction. Une telle guerre civile qui va dans le sens contraire au progrès, à l'émancipation du prolétariat et des travailleurs et des peuples, et du pays est à rejeter, à combattre énergiquement comme le SIDA. Les ouvriers et le reste des travailleurs, les peuples, la jeunesse de notre pays doivent rester vigilants, éveillés pour éviter de tomber dans le piège, souvent tendu par leurs ennemis, d'une guerre civile réactionnaire au profit de la contre-révolution, de la régression. Par contre, il y a une autre guerre civile à désirer, à chérir, à encourager, à préparer fiévreusement et à mener jusqu'à la victoire contre la bourgeoisie et les forces contre-révolutionnaires, opportunistes, réactionnaires. C'est la guerre civile interne au Togo, entre les Togolais, progressistes révolutionnaires, conduisant vers l'émancipation du peuple et du pays du joug de la domination, de l'aliénation, allant dans le sens du progrès. Une telle guerre civile par le Peuple et pour le Peuple est révolutionnaire. Elle vise en effet à révolutionner la société que bloque la réaction. En tant que processus de continuation, extension, aggravation de la lutte des classes, cette guerre notre Peuple travailleur la mène déjà, imposée à lui par la situation, par les classes dominantes, à savoir la coalition de la bourgeoisie et la réaction togolaises et étrangères impérialistes. Face à une telle coalition, une telle force oppressive, exploiteuse, étouffante, le peuple a le droit imprescriptible de s'élever en utilisant tous les moyens à sa disposition y compris l'insurrection et la lutte armée pour s'émanciper, se libérer d'un tel joug. C'est légitime et juste car «Une classe opprimée qui ne s'efforcerait pas d'apprendre à manier les armes, de posséder des armes, ne mériterait que d'être traitée en esclave». Ceci d'autant que nous vivons dans une société de classes dont on ne peut sortir autrement que par la lutte de classes. Dans toute société de classes, qu'elle soit fondée sur l'esclavage, sur le servage ou, comme aujourd'hui, sur le salariat, la classe des oppresseurs est armée. De nos jours, non seulement l'armée permanente, mais aussi la milice même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, comme la Suisse constituent l'armement de la bourgeoisie contre le prolétariat. C'est une vérité tellement élémentaire qu'il n'est guère besoin de s'y arrêter spécialement». Ce n'est point au Peuple travailleur togolais qu'on viendrait faire un dessin ce n'est point la peine. «L'armement de la bourgeoisie contre le prolétariat est l'un des faits les plus importants, les plus fondamentaux, les plus essentiels de la société capitaliste moderne». Voici ce que nous enseigne Lénine et que la vie courante dans le monde entier confirme tous les jours. Cela étant, venir au Peuple, aux révolutionnaires et surtout à nous communistes prôner la non-violence, le pacifisme bourgeois, le non-armement du peuple travailleur, «Plus d'armée au Togo», «L'armée est pléthorique et budgétivore», «Le peuple togolais n'a pas besoin de s'armer à son tour pour continuer à faire couler le sang des Togolais sur la Terre de nos aïeux», «ça coûterait trop cher pour notre petit Togo», «D'ailleurs le Togolais est par nature pacifiste, non violent. Il doit le rester» «Nous sommes une petite nation, notre armée est et sera toujours insignifiante ; nous ne pouvons rien contre les grands», clament çà et là les pacifistes bourgeois, les faux-amis du peuple, les opportunistes et certains prieurs. Non seulement leur théorie fumeuse est complètement détachée de la vie, de la réalité dans notre pays comme dans le monde, mais encore c'est qu'avec les illusions qu'elle engendre, elle affaiblit et débilite (son véritable objectif) le Peuple, du moins une partie de celui-ci. Et ce serait la renier intégralement le point de vue de la lutte de classe, - une réalité aveugle dans notre pays et renoncer à toute idée de révolution, d'émancipation. Ce serait abandonner à jamais le monopole de l'armement et de la violence à l'ennemi. Notre mot d'ordre est et reste: l'armement du Peuple travailleur, le service militaire (car la formation militaire est une science) à tous pour que celui-là puisse vaincre, exproprier et désarmer la bourgeoisie et la réaction oppresseurs. Pour réaliser une paix démocratique et équitable, il faut renverser le pouvoir néocolonial autocratique d'Eyadema. Si l'idée d'une guerre civile, de toute guerre civile en général, sans distinction, provoque chez les prieurs, les partisans de Gandhi et autres Lutter King, et autres faux amis du Peuple, et autres petits bourgeois pleurnichards, uniquement de l'épouvante et de l'horreur, de la répulsion pour tout emploi des armes, pour le sang, la mort etc. nous communistes avons le devoir de dire : la société capitaliste a toujours été et demeure en permanence une horreur sans fin. Ce n'est pas uniquement par l'emploi du fusil qu'elle tue tous les jours pour que la bourgeoisie réalise des profits. Et nous vivons au Togo dans une société capitaliste néo-coloniale traversée de part et d'autre par la lutte des classes féroce, au su de tout le monde. Face à cela, le Peuple travailleur n'a aucune raison de sombrer dans le désespoir, le fatalisme de l'impuissance. Or, objectivement parlant, c'est très exactement se laisser aller au désespoir, à la fatalité que de «revendiquer», de «prôner» le désarmement et surtout le non-armement du Peuple travailleur ou, plus précisément, rêver de désarmement à une époque où, à travers tous les cieux, au vu et au su de tout le monde, la bourgeoisie continue de s'armer fébrilement et de massacrer. Les faits sont là, palpables. Dans notre pays, l'ordre néocolonial impérialiste, barbare, la lutte de classes sont une réalité que les phrases pacifistes gentilles, doucereuses, générales, creuses, vaines, cherchent pratiquement à farder, occulter. Préparer la seule guerre véritablement légitime révolutionnaire, à savoir la guerre civile contre la coalition de la bourgeoisie de la réaction et de l'impérialisme international, français en particulier, en ce qui concerne le Togo, c'est choisir la voie de l'émancipation du peuple et de la Patrie. A propos de la milice, nous devrions dire haut et fort: nous ne sommes pas pour la milice néo-coloniale, bourgeoise, pro-impérialiste, anti-peuple travailleur, anti-nationale, anti-démocratique, contre-révolutionnaire comme les FAT (Forces Armées Togolaises), mais seulement pour une milice du peuple travailleur, patriotique. Par conséquent, à bas les FAT criminelles, fascistes, autocratiques ! Vivement l'armement du peuple ! Nous pouvons réclamer l'élection des officiers par le peuple qui peut les révoquer à tout instant en cas de faute grave, l'abolition de toute justice militaire, l'égalité en droits pour tous les hommes en armes, pour toutes les nationalités et ethnies du Togo, ensuite le droit pour les citoyens de former des associations libres en vue d'étudier l'art militaire en élisant librement et sous leur contrôle leurs instructeurs. Les femmes sont concernées par le changement radical de la situation: elles doivent participer aussi à l'IGA. Parmi les poisons injectés au sein des masses, on trouve cet autre venin: «La guerre n'est pas faite pour la femme», «Elles ne connaissent rien à la politique», «C'est une affaire d'hommes», «Elles sont trop sensibles elles font beaucoup de sentiments», «Elles doivent être avec les enfants à la maison». Voilà quelques idées féodalo-bourgeoises véhiculées au sein des masses pour empêcher les femmes qui constituent pourtant plus de la moitié de la population togolaise, de participer à la révolution, à l'insurrection populaire armée. Non seulement le nécessaire changement radical de la situation en faveur du peuple travailleur concerne directement les femmes du Peuple, mais encore l'histoire du monde et du Togo en particulier, infirme ces thèses réactionnaires rétrogrades. D'abord, vivant dans la même situation, les femmes togolaises, tout comme les hommes, sont traversées par la lutte de classes. Il y a des femmes du Peuple travailleur d'un côté et de l'autre celles du camp de la réaction ennemie. On ne saurait parler de la femme togolaise: en terme général. Ceci dit, que ce soit pendant la Commune de Paris, ou durant la plupart des mouvements de libération nationale ou sociale qui prennent souvent la forme de lutte armée à travers le monde (en Asie, en Amérique latine, en Afrique, au Moyen-Orient), des femmes et des enfants à partir de 13 ans combattent aux côtés des hommes. Au Togo aussi les Togolaises ont participé massivement et activement à la lutte pour l'indépendance du pays. Le 24 janvier 1933, une manifestation spontanée des femmes de Lomé a fait céder pour la première fois le pouvoir colonial. Elles venaient ainsi de sonner le tocsin de la décolonisation sur le continent. Une telle participation des Togolaises aux côtés des hommes au sein du mouvement nationaliste pour l'ABLODE est un fait établi historiquement. Il ne saurait en être autrement dans les combats présents et à venir pour le renversement de l'autocratie barbare néo-coloniale du tyran Eyadema. Les femmes des ouvriers et autres travailleurs de notre pays ne regarderont pas passivement la haute-bourgeoisie alliée à l'impérialisme international, français en particulier, bien armée et encadrée, continuer de tirer et de massacrer les ouvriers, les travailleurs, les jeunes complètement dépourvus d'armes. Elles prendront le fusil, comme en 1871 en France, en Palestine occupée et dans les mouvements de libération des pays dominés par l'impérialisme, infailliblement. Déjà, beaucoup de femmes manifestent leur colère ici et là face à la dégradation constante des conditions de vie et de travail des masses laborieuses et face à l'accentuation de la barbarie, de l'arbitraire de l'autocratie de Eyadéma-le-Sanglant. Avec la persistance de l'ordre autocratique néocolonial, avec son cortège d'arbitraire, de privation des libertés, de barbarie, de licenciements massifs, de chômage surtout des jeunes, imposés notamment par les P.A.S. du FMI-BM, de la braderie honteuse du patrimoine national aux puissances étrangères, comment réagiront les femmes du Peuple travailleur? Se borneront-elles à maudire, à s'opposer à toutes les guerres et tout ce qui est militaire, à réclamer l'abolition de toute armée au Togo, le non armement du peuple? Jamais! Les femmes d'un tel peuple travailleur aussi écrasé, exploité, asservi, humilié, mais toujours debout, ne s'accommoderont d'un rôle aussi négatif, honteux. Elles diront à leurs fils, (fille ou/et garçon): «Bientôt tu seras grand. On te donnera un fusil. Prends-le et apprends comme il faut le métier des armes. C'est une science indispensable aux ouvriers, aux travailleurs, non pour tirer sur tes frères, les ouvriers d'autres nationalités ou ethnies, ou d'autres pays, mais pour lutter contre la bourgeoisie et la réaction tant nationales qu'étrangères coalisées, pour mettre fin à la domination impérialiste, à l'exploitation, à l'oppression, à la misère; milite pour le service militaire pour tous, pour l'armement du Peuple travailleur». Voilà dorénavant le mot d'ordre et la position fermes et justes des femmes du Peuple de notre pays. Ces dernières se montreront plus crédibles, plus démonstratives, plus exemplaires aux yeux des enfants qu'elles-mêmes participeront aux combats pour la révolution quelle que soit leur forme.
|
|||||