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Un nouveau complot de l’impérialisme français contre l’émancipation des masses africaines: la CNFV


Révolution n°125   30 mai 1991

Depuis les indépendances factices, formelles, les néo-colonies africaines ne cessent de subir complots, coups d’Etat, assassinats, enlèvements de la part de l’impérialisme, singulièrement français, en Particulier ceux qui ont osé ou osent dire «non » à la domination, à l’exploitation, à l’oppression, à la prépondérance des intérêts néo-coloniaux, à la continuation du pacte colonial. L’accentuation de l’exploitation et de l’oppression, aggravées par le pourrissement de la crise du système capitaliste mondial, a transformé l’Afrique en une marmite en ébullition, sous pression intense, prête à exploser. Ce volcan a finalement explosé, dont le déferlement risquait d’emporter sur son passage tout le mécanisme néo-colonial mis sur pied dans nos pays par l’impérialisme international, français en Particulier.

C’est alors que la France, aidée en cela par quelques uns de ses valets, agents et alliés africains, trouva une parade pour dévier, détourner la force populaire insurrectionnelle de ses objectifs fondamentaux, principaux. Maîtresse absolue du jeu politique et du jeu économique dans nos pays Particulièrement, la France fixe les rôles du jeu à travers le FMI, la Banque Mondiale, le Club de Paris: «Pas d’aide sans la démocratie !».

La directive est donnée à la Baule par François Mitterrand. Auteur-compositeur de cette machination diabolique contre l’émancipation de nos Peuples, changer pour que rien ne change, la France écrit les notes et la Partition, dessine le profil du chœur, des ténors, des solistes et des instrumentistes. Elaborée à l’Elysée, plus précisément par le Centre d’Exploitation du Renseignement Militaire (CERM), le service français le plus secret qui rédige des analyses pour le Président de la République française à Partir d’informations émanant de différentes sources comme la DGSE , la DST , les ambassades, etc. et autres cercles de réflexions stratégiques, etc. cette dite CNFV est confiée pour interprétation, avec un plan et un canevas, à l’ambassadeur de France en tant que chef d’orchestre, réalisateur et arrangeur des fausses notes.

Le scénario de ladite CNFV consiste en la révision constitutionnelle, puis l’instauration d’un «gouvernement de transition démocratique sous la responsabilité d’un Premier ministre technique, relativement modéré». Dans ce contexte explosif, le Premier ministre est un porte-voix de l’Occident, sommé d’amadouer, de désarmer toute opposition, la force populaire rendue de plus en plus virulente par la répression gouvernementale. Pendant qu’on nous joue la comédie sur le choix de la date, de la salle, des diatribes fausses ou vraies contre le chef de la bureaucratie valetaille en place et son opposition, du refus du premier à accepter le principe de la tenue de cette CNFV et autres polémiques entre les deux protagonistes, l’ambassadeur met à profit ce temps pour faire un casting, ameuter au travers de ses multiples réseaux, mobiliser ses agents et exécutants, ses alliés de la bourgeoisie libérale et leurs comparses de la petite-bourgeoisie intellectuelle, jauger les sentiments populaires à l’égard de tel ou tel élément susceptible de prendre la tête de l’opposition.

L’ambassadeur- gouverneur recherche et trouve: le futur Premier ministre, un «cadre civil», nécessairement un de ses agents formés et sortis des sérails, un gestionnaire de ses organismes financiers, FMI, Banque Mondiale, BCEAO , BAD ou BEAC . C’est un ainsi que sur le continent apparaît cette nouvelle «race de Premiers ministres»:

- Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), ex-gouverneur de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest);

- Zoumana Sacko (Mali): PNUD

- Casimir Oye Mba (Gabon): ex-gouverneur de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale);

- Nicephore Soglo (Bénin) : Banque Mondiale;

- André Milongo (Congo) : Banque Mondiale.


Et que l’on prévoit pour nous Djobo Boukari (PNUD) ou Adossama ( OIT ) ou Kpetigo (Banque Mondiale). «Ces élites formées dans nos écoles pour prendre la relève», se plaisent à répéter les milieux d’affaires français. Puis le premier responsable, dirigeant de la Conférence Nationale des Force Vives (CNFV): un prélat de préférence (en tablant ici sur le rôle et la place de la religion dans nos pays sur les masses). Ce qui donne au:

- Bénin: Mgr de Souza Isidore

- Gabon : Mgr Basile Mve

- Congo: Mgr Ernest Nkombo.


Déjà dans notre pays, des activités, des tractations et autres consultations souterraines s’intensifient fébrilement depuis un certain temps. Mais cette tâche est rude, ici, tant la hiérarchie religieuse (catholique, protestante, musulmane) est pourrie, corrompue par l’autocratie moyenâgeuse en place, à laquelle elle est solidement liée et vouée, comme la chair à l’os.

L’Ambassadeur de France doit promouvoir, encourager et/ou financer les journaux, les formations politiques et autres associations multiples plus ou moins acquis, dévoués aux intérêts de la France. Pour faire vrai, donner une certaine crédibilité à cette entreprise perfide, on trouve quelques éléments parmi les Partis, les organisations et autres personnalités de la «société civile» pour jouer aux trouble-fête, aux empêcheurs de tourner en rond. Et toujours se mêlant à toutes les intrigues politiques, faisant et défaisant les dignitaires par les rencontres, les conseils, les promesses, la corruption, les menaces et chantages plus ou moins voilés, la France impérialiste, par son ambassadeur-gouverneur en place. Les mesures envisagées par les promoteurs et leurs commanditaires de la CNFV (selon un document confidentiel). «Afin que le processus de démocratisation soit l’affaire de tous les citoyens et citoyennes du pays, appliquer la concertation, le dialogue, la conciliation avec un réel débat sur la démocratie, l’Etat de droit… ».

Cette CNFV doit aider ces pays à sortir des régimes figés de Parti unique pour le pluralisme politique, le respect des droits de l’homme, la démocratie dans l’espoir de l’avènement d’un Etat de droit et d’exercice de la démocratie : une société de droit et de développement et de démocratie. Pour cela, la CNFV doit être centrée autour de:

1° une révision de la constitution et l’élaboration pour la diffusion et son adoption d’une constitution garantissant le multiPartisme, les droits de l’homme, la démocratie;

2° exiger l’abandon par le Président de la République de la présidence du Parti unique au pouvoir ; de la direction du gouvernement au profit d’un Premier ministre responsable de ce dernier ; faire du chef de l’Etat un arbitre. Mieux, l’ultime recours. Celui qui doit demeurer le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité territoriale, et constituer le dernier rempart de la nation. Il s’engagera à demeurer le dénominateur commun, c’est-à-dire le rassembleur, le pacificateur et l’unificateur. (Bref, se placer en fait «au-dessus des lois » - ajouter par nous)

3°la séparation des trois pouvoirs : l’exécutif, le législatif, le judiciaire (amener le tout-puissant président à rétrocéder l’essentiel des attributions et les prérogatives politiques exorbitantes et «à vie» qui sont actuellement les siennes, du moins au niveau de l’exécutif – à l’issue des élections législatives . Et l’instauration d’un Etat de droit);

4°la démocratisation de la vie politique devant se faire par étapes selon un calendrier arrêté par la CNFV;

5° élaboration d’un projet de loi destiné à organiser le financement et à régler les activités des formations politiques, leurs rapports avec les médias de l’Etat;

6° le président de la république en place gardera entre ses mains l’armée;

7° le retour de l’armée dans les casernes: une armée dépolitisée et retournée à ses tâches traditionnelles;

8° la CNFV doit déboucher sur la formation d’un gouvernement de transition.

Avec cette CNFV, le but poursuivi par l’impérialisme français est de faire certaines concessions pour ne pas perdre l’essentiel, à savoir ses positions stratégiques dans le pays, ses intérêts fondamentaux: ses investissements, ses superprofits et autres richesses dont il spolie notre pays. Par ce nouvel obstacle dressé devant les masses, les puissances impérialistes cherchant à gagner du temps, vont manœuvrer dans les coulisses, opérer des pressions de tous genres économico-financières et politiques, voire militaires, afin d’étouffer toute voix, tout le mouvement révolutionnaire, d’empêcher à tout prix que «ces pays africains basculent dans la violence, l’extrémisme», «les aider à surmonter, à sortir de la crise sans beaucoup de casse, sans affrontements sanglants».

Le Parti Communiste du Togo
Lomé le 31 mai 1991


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