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Brève déclaration du PCT:  A propos du Forum National de Dialogue

Révolution n°124
5 mai 1991


LA FORCE POPULAIRE DOIT POURSUIVRE SON ŒUVRE

1°Dire la vérité, rien que la vérité aux masses, telle est l’éthique morale du Parti Communiste du Togo (PCT)

2°Se lier aux masses, c’est pouvoir les prévenir des dangers et risques qui les guettent et se battre avec elles en toutes circonstances. Telle a été et demeure la conduite du Parti. C’est ainsi que : dès sa création, le PCT a stigmatisé le caractère dictatorial réactionnaire, oppresseur et apatride du Parti-Etat-RPT , et n’a cessé d’appeler tout le Peuple au combat.

Malgré et dans un contexte difficile, très répressif de chasse aux sorcières contre les communistes, ceux-ci ont aidé les masses populaires à engager les premières luttes frontales contre le régime, faisant tomber le mythe de l’invincibilité du pouvoir autocratique moyenâgeux du despote Eyadéma. Etant donné l’origine rurale des travailleurs (dans leur grande majorité) et la faillite de l’ancien mouvement démocratique, ceux-ci sont dépourvus de traditions de lutte dans le domaine syndical et politique, et sont exploités d’une manière barbare et inhumaine, privés de tout droit, de toute liberté. Sans leur riposte.

Dès sa création, le PCT a montré que la «politique de la porte ouverte» ne pouvait qu’accélérer le pillage et la ruine du pays, et les masses populaires dans la misère noire, la jeunesse dans la déchéance physique et morale. Surtout avec le PAS . Pour les premières élections en 1979 (sous Eyadéma-Mivedor), consacrant en une institution le réactionnaire RPT en un Parti-Etat, les révolutionnaires ont appelé les masses populaires à boycotter le scrutin et à s’organiser conséquemment pour poursuivre les luttes pour le pouvoir au Peuple, la démocratie et le contrôle des biens publics par le Peuple.

Enfin, dès l’annonce et l’expérimentation de la Conférence nationale dite des forces vives ( CNFV ) au Bénin, le Parti Communiste du Togo (PCT) l’a dénoncée comme un nouveau complot de l’impérialisme français et de ses alliés africains, anciens et nouveaux, secondés par quelques éléments de la couche supérieure de la petite-bourgeoise contre le Peuple en lutte pour son émancipation. L’objectif réel, c’est changer pour que rien ne change. Ce que la tenue, la réalisation de cette perfide «CNFV» au Bénin, puis au Gabon, puis enfin présentement au Congo, confirme. En effet, derrière cette nouvelle mode de «CNFV» se cachent les tractations au sommet et entre les différentes fractions de clans de la grande-bourgeoisie, la bourgeoisie libérale et la couche supérieure de la petite-bourgeoise, sous l’œil avisé et vigilant de l’impérialisme. Ces tractations vont à l’encontre du processus et de la volonté de l’émancipation populaire.

Ces vues du Parti Communiste du Togo s’avèrent justes.


3°Les problèmes réels et actuels des Peuples du Togo sont bien connus: ce sont la domination hégémonique de la bourgeoisie bureaucratique, domination aggravée par l’arbitraire et l’absence quasi-totale de liberté. Les bourgeois, assis sur la tête des masses populaires, pillent, rançonnent, volent, briment, répriment et assassinent impunément.

Les dignitaires des régimes passés se sont enrichis avec cet ordre d’exploitation et d’oppression néo-colonial. Le pouvoir autocratique du despote Eyadéma a poursuivi leur pratique, parachevant l’œuvre commencée par Olympio, Grunizky, Méatchi, qui initièrent dans notre pays la gestion de l’ordre néo-colonial, la pratique autocratique (pour S. Olympio), oligarchique (par Grunitzky-Méatchi), de confiscation des libertés démocratiques. C’est dire que la pratique de toute la grande bourgeoisie depuis 1958 a sécrété la morale puante de cupidité, d’escroquerie, de détournements et de corruption et d’hypocrisie.

Après la déconfiture, la débâcle du mouvement démocratique de 1975, le Peuple s’est mis à une nouvelle école faite de courage, de bravoure, d’oser lutter, d’oser vaincre. La dénonciation de plus en plus vigoureuse de la mystification, des détournements, de servilisme à l’égard des puissances étrangères, le courage dans l’action révolutionnaire indiquaient une nouvelle morale. La conscience du Peuple s’est progressivement élevé, il s’organise de façon nouvelle.

Avec l’isolement, la faillite et la pourriture de plus en plus prononcée du régime, de nouveaux instruments de combat se forment dans l’action pratique contre l’arbitraire, l’autocratie moyenâgeuse et la misère. Comités d’Action (CA) de travailleurs, de jeunes paysans, de quartiers, de marchés, coordinations de différents CA, syndicats de combat, d’étudiants, Comités de lutte des élèves… , se créent et se renforcent dans l’action pratique contre l’arbitraire, la répression et la misère et pour un autre ordre nouveau dans notre pays.

Ce sont ces structures nouvelles de combat qui sont aujourd’hui porteuses d’une nouvelle morale faite de probité, de courage, de patriotisme. La voie naturelle, populaire va à leur renforcement, à la cristallisation dans la force colossale qui anéantira les forces en désarroi du pouvoir moyenâgeux, déconfit du despote Eyadéma. Ce sont ces structures renforcées par d’autres qui, complètement déployées, écraseront celles en décrépitude et véhicules de la morale de vol, de cupidité, de corruption, de gabegie, de mensonge, de barbarie. La victoire populaire permettra ainsi une conquête et une gestion populaire des biens du pays, l’harmonie entre les hommes, l’unité et l’émancipation des nationalités qui passent par le droit à ces dernières à l’autonomie administrative pour s’autogérer.

Du coup, du côté des puissances impérialistes, française en Particulier, et de toute la réaction, la panique et l’inquiétude ne cessent de gagner : ils réalisent que c’est le début de la fin de leur ordre décadent, pourri néo-colonial. Pour retarder une telle débâcle inéluctable, prolonger le règne autocratique, l’impérialisme français et les ogres financiers internationaux, à savoir le FMI et la Banque Mondiale, ont ameuté tous les cadavres politiques, les anciens champions bien connus pour leurs pratiques de vols, de corruption, de régionalisme et de servilisme vis-à-vis de l’étranger, pour venir au secours du tyran Eyadéma, tenter de court-circuiter, d’étouffer les structures porteuses de la nouvelle morale. Ils veulent imposer une voie bureaucratique de dénouement de la crise qui tenaille le pays : ils prônent l’ignominieuse «CNFV». Comme la lutte actuelle est dirigée contre le clan de la GBR au pouvoir, celui du despote Eyadéma, l’autre clan d’apatrides non-au pouvoir a beau jeu et le beau rôle. C’est ainsi que ce dernier arrive facilement à enchaîner à son char les chefs bureaucrates et myopes des Partis petits-bourgeois comme caution populaire.

Par cette Conférence d’apatrides, l’impérialisme français veut une réforme constitutionnelle, un Premier ministre en la personne d’Edouard Kodzo (ou à défaut de ce dernier se contenter d’Agboyibo). Par contre, en faisant monter les enchères, les chefs bureaucrates et myopes des Partis petits-bourgeois, dont certains vont jusqu’à exiger le départ de l’autre autocrate, Eyadéma, cherchant à mieux se positionner pour mieux se vendre plus cher aux plus offrants plus tard, lors de la formation de nouveaux gouvernements et de distribution des postes. Car la motivation première de tous ces hauts-bourgeois et petits-bourgeois des FAP , frustrés et impatients, c’est d’arriver à la table de la bouffe. «Tout pour la bouffe, rien que pour la bouffe ! », voilà leur leitmotiv - et par tous les moyens de compromission avec la hideuse autocratie honnie, vomie par le Peuple, par l’avilissement, l’apatridie la plus honteuse, le servilisme puant à l’égard de l’étranger, des puissances impérialistes, française en Particulier. Jamais ils ne démordront d’une telle logique.

Il suffit de les voir en vadrouille, courir, se bousculer dans les chancelleries et les capitales européennes, se prosterner devant leurs maîtres, face contre terre, pour quémander l’aide, le soutien, l’aval de ces derniers pour telle ou telle investiture, tel ou tel poste, contre la promesse garantie de tel ou tel service ! Devant leurs maîtres, tour à tour, chacun, dans le dos de ses copains des faux amis du Peuple, se présentant le mieux placé, le mieux outillé pour être investi candidat (par les maîtres) à tel ou tel poste. Dans ce panier à crabes, c’est à qui dénigrera le plus ses copains dans le dos, aux maîtres.

Dans leurs rencontres, non seulement, chacun d’eux, ne dévoile pas, du moins pas complètement, ses plans-projets et intentions réels : ils les réservent, de préférence en connivence aux maîtres. On se jette régulièrement des peaux de banane ; avec l’idée ‘’plutôt leur rival, leur concurrent d’enfance, Eyadema, que les copains’’. Bref, c’est le règne de cette morale bourgeoise nauséabonde de mendicité, d’indignité…. dont nous parlions plus haut. Nous y sommes, en plein. Toutes les caractéristiques s’y retrouvent ; certaines même renforcées. Ils ont, dans un premier temps, tenté de reformer le Parti-Etat-RPT réactionnaire vomi par les masses; (créer un poste de Premier ministre pour Edem Kodjo, un poste ministériel des Droit de l’Homme à Agboyibo notamment). Tandis que parallèlement ils organisaient une mascarade de consultation des masses pour savoir ce que celles-ci pensent du RPT, s’il faut le conserver comme ‘’Parti unique, garant de l’unité nationale et de la paix sociale’’.

Lomé, le 5 mai 1991
Le Parti Communiste du Togo


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