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COMME PREVU L’«AUGUSTE» CNS N’A PAS BASCULE LA FASCISANTE CALAMITE NATIONALE EYADEMA

Lomé, le 10 septembre 1991
Le Parti Communiste du Togo


Lorsqu’on se penche sur la situation dans notre pays, une constatation s’impose : le pouvoir autocratique Eyadéma n’a pas régné pendant tant d’années seulement par la répression barbare et la terreur sauvage. A mystification à grande échelle constituait entre ses mains une arme aussi redoutable, et dont il a largement usé avec la collaboration active ou la complicité passive de la bourgeoisie, y compris (quelques exceptions près) les fractions qui se réclament aujourd’hui de l’«opposition» avec les Kodjo, les Agboyibor, les Kpétigo,les Locoh, les Afantchao par exemple. La version tronquée de l’accident de Sarakawa, les slogans mystificateurs sur «la libération économique» sur «la révolution verte», l’«ecole nouvelle», font Partie de cet arsenal mystificateur sur lequel, très tôt, le PCT s’est efforcé d’attirer l’attention et la vigilance du Peuple, et qu’il n’a cessé de dénoncer.

Maintenant que le Peuple par sa lutte et ses sacrifices conquiert des libertés et des droits démocratiques, et rend de moins en moins applicables les anciennes méthodes autocratiques de gouvernement, maintenant que la bourgeoisie libérale et la couche supérieure de la petite bourgeoisie intellectuelle accèdent au pouvoir néocolonial en évoquant la démocratie, et apportent quelques changements superficiels pour mieux maintenir l’ordre oppresseur et exploiteur, il faut s’attendre à ce que la mystification prennent des proportions encore plus considérables. Cela impose à notre Parti le devoir de travailler à élever davantage la vigilance du Peuple afin de la débusquer opportunément et d’éviter ainsi de nouveaux traquenards. Et notre Parti considère comme impérieux par conséquent de mettre sous son vrai jour la conférence dite nationale dite souveraine qui vient de s’achever.

Très tôt, en effet, notre Parti avait affirmé que celle-ci n’était qu’une grande mystification par laquelle l’opposition libérale et la couche supérieure de la petite bourgeoisie intellectuelle tentent de légitimer le pouvoir néocolonial auquel ils veulent accéder. Les faits nous donnent raison, car tout au long de la tenue de cette «Auguste !assemblée», la falsification puait au nez.

La Conférence Nationale Souveraine (CNS) a trouvé son Mirabeau: Mgr KPODZRO.

La première falsification d’ordre historique réside dans l’évocation démagogique des Etats généraux français de 1789 auxquels ne cessent de recourir les tenants de cette CNS. Rappelons brièvement que ces Etats généraux se transformèrent très vite en assemblée constituante, se proclamant représentants du Peuple souverain que jusque-là le roi incarnait. C’est cette Assemblée nationale qui vota la célèbre «Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen». Nos bourgeois et petits-bourgeois togolais s’évertuent à singer les révolutionnaires français, à l’instar de Mgr Kpodzro qui se prend pour Mirabeau dont il reprend la célèbre apostrophe «Nous sommes ici par la volonté du Peuple, et nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes».

On se rappelle que cette réponse cinglante fut donnée par Mirabeau à un envoyé du roi Louis XVI qui sommait les députés d’évacuer la salle où ils s’étaient réunis pour délibérer, et que cette réponse était l’affirmation de la souveraineté populaire, face et au dessus du pouvoir royal, et non une simple phrase à effet. Mais il serait aussi intéressant d’en savoir plus sur ce qu’était et quelle fut la destinée de Mirabeau.

Connu pour ses prises de position contre l’arbitraire royal, c’était une des figures de proue de la !révolution française à ses débuts. A sa mort, il eut droit à des funérailles nationales, et il fur enterré au Panthéon. Mais plus tard il perdit son auréole et fut couvert de discrédit (son corps enlevé du Panthéon), lorsqu’on découvrit dans les archives royales, après la chute de la royauté, la correspondance secrète qu’il entretenait avec le roi. Un tel double jeu était en effet motivé par le fait qu’il cherchait seulement à limiter le pouvoir royal, qu’il était Partisan d’une monarchie constitutionnelle, un peu colle le système britannique actuel, d’un compromis avec la monarchie, comme le prône Agbobli Atsutse pour notre pays
.

Nous invitons Mgr Kpodzro à médite l’exemple e le sort de Mirabeau, car il ne se contente pas seulement de reprendre ses paroles, en matière de magouilles et d’intrigues, il est apparu tout au long de cette conférence, avec ses fréquentes visites à l’autocrate, comme une émule de Mirabeau. En dehors de ce cas Particulier, de cet exemple somme toute négatif aucune comparaison possible entre les Etats généraux français de 1789. La Conférence Nationale «Souveraine» ne peut même pas être qualifiée d’«Etats généraux» au petit pied. Ce ne fut qu’une comédie bouffonne qui prêterait à rire si le sort de notre Peuple n’était en jeu.

Il y a d’abord et avant tout cette différence fondamentale qui conditionne tout le reste: les Etats généraux de 1789 se situaient au départ du processus révolutionnaire, et constituaient en quelque sorte le lever de rideau de la Révolution française. Ils s’étaient ouverts alors que le mouvement révolutionnaire était à ses débuts, avec des délégués qui étaient l’expression des aspirations populaires et étaient animés par la volonté de traduire celles-ci par des décisions politiques. C’est pourquoi le développement du mouvement populaire les porta à des mesures de transformations révolutionnaires et profondes que beaucoup ne soupçonnaient pas.

 


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