Non à toute Intervention Etrangère dans
nos affaires intérieures !
A bas la Bande à Gnininvi-Koffigoh ! !
Lomé, le 8 octobre 1991
Le Parti Communiste du Togo
Après avoir entrepris de désarmer le Peuple Togolais face
à lautocratie moyenâgeuse du despote Eyadema, de lentraîner
dans le bourbier dune prétendue Conférence Nationale,
Gnininvi, Koffigoh et leurs complices du HCR sapprêtent à
franchir un pas de plus dans la trahison des masses populaires et du pays
: ils veulent livrer ceux-ci aux affres dune intervention militaire
étrangère. La situation dramatique qui se développe
actuellement chez-nous, avec les agressions répétées
des mercenaires dEyadema contre le Peule, nest que la conséquence
prévisible et prévue de cette conférence néfaste.
Depuis le début du mouvement insurrectionnel populaire, le PCT,
rejoint dans ses analyses par de véritables démocrates,
na jamais cessé de répéter quune telle
assise, loin dinstaller la démocratie chez-nous, nétait
quune manuvre planifiée par limpérialisme
français pour créer lillusion du changement démocratique:
changer afin que rien ne change, dans les néocolonies africaines,
dans la dessein darrêter lélan populaire dans
sa marche en avant, de freiner le mouvement démocratique préjudiciable
à ses intérêts, et de couvrir dune façade
démocratique les plans scélérats dressés par
le FMI, la Banque Mondiale et les prédateurs internationaux contre
les intérêts de nos masses.
Lexpérience des autres pays, qui nous avaient précédés
dans cette mascarade tragique, était on ne peut plus édifiante
à cet égard. Par ailleurs lattitude de lautocrate
lui-même tout au long de cette période tant avant pendant
la CNS, ne laissait planer aucun doute sur les intentions : jamais il
nabandonnerait le pouvoir par la seule vertu du dialogue, du pardon,
de la réconciliation et des cantiques, mais seulement contraint
et forcé. Attitude somme toute logique, naturelle de la part de
lautocrate dont tout démocrate authentique se doit de tenir
compte et qui doit qui guider toute lutte pour un changement démocratique
réelle. Voilà pourquoi la solution ne pouvait résider
que dans lamplification de la lutte populaire, dans le renforcement
des organisations du Peuple.
Telle a toujours été la position de notre Parti qui na
jamais cessé de répéter à lencontre
des libéraux et des petit-bourgeois intellectuels opportunistes,
que la construction, la loi la plus démocratique nest quun
chiffon de papier si elle ne sappuie pas sur un rapport de force
favorable déjà établi dans la pratique. Il sest
pourtant trouvé des gens, tels les Agboyibo, les Gnininvi et autres
Kofiigoh pour se faire des complices et les exécutants de cette
manuvre de limpérialisme français. Leur prétexte
est bien connu: «éviter la guerre civile, et les affrontements
tribaux
». Cest sous ce prétexte que ces faux
amis du Peuple, pressés daller à la soupe, de partager
le pouvoir avec lautocrate, sont allés de dialogue en compromis,
en compromission et en Parties de champagnes avec ce dernier, pour aboutir
à cette néfaste conférence de la trahison, en passant
par le FAR, le COD et autres FOD. Tandis quEyadema, quant à
lui ne perdait pas son temps, et profitait du répit pour renforcer
sa machine de répression pour multiplier ses atrocités contre
le Peuple (cadavre de Bè, de Tsevié, de Vogan, de Mango).
Ainsi après 52 jours de conférence où ces gens se
sont gargarisés de mots, que constate-t-on ? lautocrate garde
la haute main sur larmée et donc sur le pouvoir, et peut
ainsi jouer au chat et à la souris avec un gouvernement de transition
sans autorité réelle, incapable de faire exécuter
ses ordres ; il continue de frapper les masses populaires pour tenter
de leurs reprendre les libertés si chèrement conquises par
la lutte. Par deux fois en moins de huit jours, celles-ci sont victimes
des agressions de la soldatesque dEyadema, auxquelles elles ne peuvent
opposer que leur courage, leur détermination et leurs poitrines
nues.
Le sang continue de couler, mais cest le sang du Peuple et non celui
des faux amis; et la guerre civile que ceux-ci prétendaient éviter,
na jamais été aussi menaçante, aussi présente,
mais dans des conditions de plus en plus difficiles pour les masses populaires,
parce quon na pas cessé de le désarmer, illusionner,
désorienter
Et quand le Peuple réclame des armes,
nos «opposants» restent sourds, terrorisés. La responsabilités
des Gnininvi, Agboyibo, Koffigoh et consorts dans la situation tragique
et inquiétante est lourde. Et ils devront en rendre compte de lHistoire.
Et quand un Gnininvi ose reconnaître publiquement que «la
population na jamais demandé une conférence nationale,
elle exigeait le départ du chef de lEtat», après
tout ce quil a fait, il ne fait que se révéler tel
quil est : un véritable danger pour le Peuple Togolais que
lui et les animateurs de la CNS prétendent représenter.
En appelant lintervention militaire étrangère pour
sortir de limpasse où ils se sont mis et pour les défendre
contre lautocrate, nos libéraux et petit-bourgeois intellectuels
opportunistes confirment une fois de plus leur nature apatride, étrangère
à toute dignité nationale, à toute idée de
souveraineté nationale. Et pour confirmer ce fait, voilà
quils commencent à hanter les couloirs des ministères
français, chacun cherchant à mieux se vendre à limpérialisme
français, à se présenter comme son meilleur serviteur,
le meilleur garant de ses intérêts chez-nous. Car pour eux,
cest naturellement de Paris que doit se décider leur éventuelle
accession au pouvoir, et non à Partir du Peuple Togolais. En appelant
létranger à leur secours contre une «poignée»
(une douzaine, ou une demi douzaine selon leurs dires), nos «opposants»
ne sont pas tellement différents de lautocrate Eyadema, lorsque
celui-ci appelait larmée française à son secours
contre quelques dizaines de putschistes en septembre 1986. Car les uns
et les autres ont peur du Peuple.
Et pourtant lHistoire est là, qui montre quà
chaque fois que limpérialisme français est intervenu
militairement chez-nous, cela na jamais été dans lintérêt
de notre Peuple, ni de notre pays, car il est lennemi principal
de notre Peuple. Souvenons-nous: quand limpérialisme français
menaçait denvoyer des troupes chez-nous en novembre 1966,
cétait pour protéger le pouvoir bicéphale Grunitzky-Méatchi,
vomi mis à mal par les masses populaires; quand en septembre 1986,
il a fait débarquer des parachutistes dans notre pays, cétait
pour voler au secours de lautocrate Eyadema contre une tentative
de putschiste.
Partout, lHistoire et lexpérience des Peuples du
monde montrent que la démocratie dans un pays est avant tout luvre
du Peuple de ce pays, que celle-ci ne saurait en aucune manière
être garantie par des canons étrangers. Et ceux qui veulent
nous faire croire que limpérialisme français, qui
a protégé le bourreau de notre Peuple pendant un quart de
siècle, puisse intervenir aujourdhui chez-nous pour des objectifs
démocratiques, comme Gnininvi, Koffigoh et consorts, sont soient
des ignorants, soient des agents de limpérialisme français.
En tout cas, ils doivent être démasqués et combattus.
Une intervention militaire étrangère ne renforce pas seulement
lasservissement de notre Peuple et de notre pays ; elle risque de
provoquer dautres interventions à lappel dEyadema,
et ainsi de transformer notre pays en un second Liban en un champ daffrontement
de forces étrangères, avec des conséquences désastreuses
pour notre Peuple.
Voilà pourquoi le PCT tient à dénoncer lappel
de Gnininvi, de Koffigoh et du HCR, comme une trahison des intérêts
de notre Peuple et de notre pays. Une trahison de plus ! Pourtant il existe
une possibilité de sen sortir, de vaincre lautocrate
et sa clique. Cette possibilité se fonde sur la confiance dans
notre Peuple et en sa capacité révolutionnaire. Il suffit
en effet que celui-ci renforce son organisation pour porter la lutte à
un degré supérieur ; que les Comité dAction
se renforcent ou se créent partout dans tous les secteurs, de la
production, de ladministration, des écoles
; que ces
C. A. coordonnent leurs actions que se mette en place une vaste coordination
démocratique des masses pour porter plus en avant le mouvement
et la lutte démocratique : ainsi se créeront les conditions
dune grève générale illimitée jusquà
la chute du tyran et son système. Telle est la tâche à
laquelle le Peuple doit attelé courageusement sans se laisser divertir
par ces appels à létranger, mais en sy opposant
fermement.
Non à toute intervention étrangère dans notre
pays !
En avant pour la grève générale illimitée,
pour la démission immédiate et inconditionnelle de la Calamité
Nationale, le despote Eyadema !
Lomé, le 8 octobre 1991
Le Parti Communiste du Togo
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