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La mort de Tavio Amorin: encore une nouvelle victime !!

Lomé, le 29 juillet 1992
Le Parti Communiste du Togo (PCT)


- de l'autocrate barbare, moyenâgeux, sanguinaire Eyadéma et de ses escadrons de la mort;
- de la politique de trahison, de veulerie, d'aplatissement, de lâcheté des faux amis du Peuple et de leur politique de conciliation;
- des manigances de l'impérialisme français principalement;
- de sa propre naïveté.

Victime d'un odieux attentat perpétré en plein Lomé le 23 juillet dernier, par des hommes de main de l'autocrate Eyadéma, Tavio Amorin, dirigeant du PSP vient de succomber à ses blessures, dans un hôpital français. Ainsi, une fois de plus, un dirigeant politique est victime du régime autocratique, moyenâgeux, barbare et sanguinaire d'Eyadéma et de ses escadrons de la mort.

L'auteur, le commanditaire direct de ce nouveau meurtre est, en effet, bien connu, comme l'est aussi le scénario de gangster qu'il nous sert à nouveau, en matière d'alibi : à l'heure du crime, notre homme se faisait voir ostensiblement chez lui où il assistait aux "Evala". Mais cet alibi bidon ne trompe plus personne. Pour nous, cependant, Tavio Amorin n'a pas été seulement tué par les balles meurtrières d'un régime autocratique, barbare, qui a érigé l'assassinat, la barbarie sanglante en méthode de gouvernement. Il faut trouver à ce meurtre d'autres causes, d'autres intérêts liés à leurs rivaliti fratricides inter-valets apatrides et à leurs protecteurs.

Le dirigeant du PSP est, en effet, également victime de la politique de trahison, de soumission, de veulerie, d'aplatissement, de lâcheté et d'apatridie des faux amis du Peuple (FAP), politique qui a connu sa sombre apothéose avec la "Conférence Nationale Souveraine" de triste mémoire. On sait en effet que cette conférence, inspirée, préparée et organisée par l'impérialisme français par l'intermédiaire de son ambassadeur-gouverneur Delaye, et qui s'est tenue malgré les mises en garde et avertissements répétés du PCT et d'autres organisations démocratiques (OJCT, AGET, STESTUR), n'a eu pour résultat (d'ailleurs prévisible), que de désarmer, de démobiliser le Peuple avec des promesses illusoires, et d'offrir à l'autocrate, momentanément affaibli, terrassé sous les coups du mouvement insurrectionnel populaire, l'occasion rêvée, le répit nécessaire pour préparer et perpétrer de nouveaux crimes contre le Peuple.

Il est également victime de la politique de domination, des complots et intrigues de l'impérialisme français, qui n'est pas près de lâcher son valet attitré Eyadéma, et ne veut pas voir, à la tête du pouvoir néocolonial togolais, un autre valet que le sien. On ne peut, en effet, expliquer autrement pourquoi la France, qui pourtant encadre à tous les niveaux a la main sur les FAT, contrôle les services de renseignements, et qui par conséquent dispose de toutes des informations et tous le moyens nécessaires, n'est pas levé le petit doigt pour empêcher une telle opération de meurtre programmé de longue date. Et pourtant l'ambassadeur-gouvernement Delaye se servait aussi de lui dans ses manoeuvres. Le conseiller militaire, comme le gouverneur conseiller particulier d'Eyadéma, M. Jean Collin sont des Français détachés par l'Elysée auprès de la Calamité Nationale.

Enfin Tavio Amorin est également victime de sa propre naïveté. Une naïveté qui lui faisait croire que les joutes oratoires, "les coups de gueule", les discours tonitruants et les dénonciations fracassante, suffisent, à eux seul, à ébranler, voire à faire ch¾ter l'autocratie alors même que la seule force politique dont il disposait, le PSP, n'était, comme les autres partis bourgeois, qu'un club électoral sans consistance et dérisoire, et qu'il n'avait pas derrière lu, les masses populaires mobilisées et organisées sur lesquelles s'appuyer. Toute la politique des faux amis du Peuple ayant consisté, de concert avec l'impérialisme français principalement, à décourager, à empêcher une telle mobilisation, une telle organisation du Peuple insurgé.

Bref, Tavio Amorin n'a servi que de porte-voix pour les faux amis du Peuple, en même temps leur alibi "extrémiste". Il n'était qu'un instrument dans la stratégie de leurs principaux dirigeants pour leur accession au pouvoir néocolonial et pour le partage de celui-ci avec l'autocrate Eyadéma. Et il n'est pas sans signification de constater qu'alors qu'il était le secrétaire général du COD Il, son parti (et par conséquent lui-même), ne figurait pas parmi ceux désignés par la CEE-France, pour le funeste "Forum de dialogue" avec l'autocratie Eyadéma,un nouveau marché de dupes, inspiré, l'organisé et dirigé par les puissances impérialistes. Comme quoi, ceux-là avaient bien besoin de lui, de ses "coups de gueule" pour épâter la galerie, afin de détourner la colère populaire ; mais ils l'écartaient dès lors qu'il s'agissait de véritables discussions, de décisions à prendre, de "chose sérieuse".

Ce nouveau forfait vient une nouvelle fois, hélas, confirmer les positions et les analyses du PCT: à savoir que la démocratie véritable ne peut s'instaurer que sur les ruines du pouvoir autocratique ; qu'elle ne saurait résulter de discussions, de "dialogue", de "conférence" avec ce dernier, mais de la lutte résolue de tout le Peuple pour le renverser ; que prétendre que l'on pourrait chasser une dictature autocratique, et à plus forte raison la dictature sanguinaire du pouvoir Eyadéma par de simples lois et décrets, ce serait exposer le Peuple à de dangereuses illusions : et que le départ, volontaire ou non, de la calamité Nationale est un préalable indispensable à un changement véritable, et que l'on ne saurait séparer la lutte pour la démocratie de la lutte anti-impérialiste. Nous sommes donc bien placés pour renouveler une fois de plus nos mises- en- garde contre ces faux amis du Peuple qui, à nouveau, au mépris de cette expérience amère que nous vivons, sont allés s'asseoir à la table du potentat de Lomé II et veulent nous faire croire qu'une telle rencontre pourrait " débloquer la situation", et apporter le changement tant souhaité par le Peuple. "C'est la seule alternative"clamant-ils, avouant sans pudeur, que cette "solution" leur a été conseillé par la CEE ! Voilà donc une preuve de plus, que ces apatrides indécrottables comptent plutôt sur les puissances étrangères impérialistes, et non sur le développement de la lutte populaire qui les effraie.

Le PCT le dit tout net: cette rencontre n'est qu'un avatar de la "Conférence Nationale", ou mieux, du fameux "Forum National de Dialogue" cher à l'autocrate. En un mot il s'agit des mêmes querelles entre frères de classe (le clan Eyadéma et les faux amis du Peuple) autour du pouvoir néocolonial sous la supervision des puissances impérialistes européennes, et contre les intérêts de notre Peuple et notre patrie. Cette nouvelle assise, ce nouveau traquenard va consacrer l'enterrement officiel, définitif, de la funeste CNS, et de la toute-puissance de l'autocrate Eyadéma. Les faux amis du Peuple veulent obtenir une trêve et la prolongation de la transition qui se termine officiellement le 28 août, afin de pouvoir mettre en place leur calendrier électoral; ils craignent en effet, que passée cette date. Eyadéma ne décide de les écarter, en formant un gouvernement à sa seule convenance.

Mais face à l'autocrate, à sa milice, les FAT, à toutes les forces qui le soutiennent les faux amis se présentent, plus démunis, encore plus affaiblis que lors de la CNS. En effet, bien que regroupés en une COD II circonstancielle,de façade, leurs divisions apparaissent au grand jour; et ils sont, de plus en plus, dans l'incapacité de manipuler le mouvement populaire à leurs finis, parce que le Peuple apprend désormais à se méfier d'eux, fort de son amère expérience. C'est dire que les concessions que l'autocrate daignera leur consentir, il les leur fera payer au prix fort : à commencer par la levée de tous les obstacles politiques et juridiques qui l'empêchent de se porter candidat à l'élection présidentielle: enterrement de l'article 61, sous le couvert de la "réconciliation", pour les nombreux crimes qu'il a commis et qu'il continue de commettre contre le Peuple.

Quant aux élections que l'on nous brandit, en guise de justification, il n'est pas difficile de prévoir à quoi elles vont aboutir: ou Eyadéma en sort vainqueur, et le voilà légitimé, consacré, ou il est battu, et c'est la perspective ouverte d'un putsch militaire à plus ou moins moyen terme. Eyadéma et sa bande ne sont point disposés à céder leur place. Bref cette nouvelle conférence n'apportera rien de bon le Peuple, et il est heureux de constater que celui si voit de plus en plus clair que ces querelles entre bourgeois ne le concernent pas, qu'il n'a aucun intérêt à défendre une quelconque transition qui n'a rien de démocratique, et qu'il prend de plus plus ses distances à l'égard des faux amis du Peuple. Mais il doit aller plus loin et comprendre que le mouvement démocratique populaire ne peut se renforcer et aller de l'avant qu'en s'épurant sérieusement, en se débarrassant sans pitié de tous les éléments troubles, corrompus et corrupteurs, de tous ces faux amis du Peuple, habitués à manger à tous les râteliers, et dont la présence ne fait que freiner sa marche en avant : il doit se départir de toute illusion à leur égard, les dénoncer sans hésitation, se démarquer d'eux, comme des puissances impérialistes.

Alors que les FAP se posent anxieusement la question: " à qui le tour ?", il doit se persuader, quant à lui, et comme le PCT ne cesse de le répéter, et comme il l'apprend lui-même, par sa propre expérience, que face à l'autocrate et à ses FAT, face à toutes les forces intérieures et extérieures qu la soutiennent, sa seule arme, sa seule force, c'est son organisation sa mobilisation ; que c'est à travers ses luttes quotidiennes qu'émergeront ses véritables dirigeant, dignes et le représenter, dévoués et éprouvés, désignés et contrôlés par lui, responsables devant lui, et révocables à tout instant par lui.

C'est pourquoi le PCT invite le Peuple et la jeunesse:

- à renforcer partout à la base, leurs organisations sur les lieux de travail, dans les établissements secondaires et universitaires, dans les quartiers;
- à en créer de nouvelles là où il n'en existe pas encore;
- à se mobiliser davantage pour exiger la démission immédiate et inconditionnelle de l'autocrate et barbare Eyadéma, sa traduction devant le tribunal du Peuple, lui et ses complices.

Il l'invite à se départir de toute illusion électoraliste, et en particulier à boycotter les élections que les faux amis du Peuple tentent d'organiser, et qui n'est qu'un piège à cons de plus pour entraver sa marche en avant. Il l'appelle à s'unir autour de lui pour renforcer le front démocratique et révolutionnaire de lutte, la seule alternative véritable dans la situation actuelle.

A bas la politique de dialogue, "de conférences nationales "de forums nationaux avec l'autocratie

A bas le COD II et les faux amis du Peuple !

Dénonçons, boycottons la mascarade électorale !

Dénonçons immédiate et inconditionnelle d'Eyadéma, la Calamité Nationale !

Poursuivons résolument notre organisation et notre mobilisation !

Continuons la lutte jusqu'à la victoire !

Quand Eyadéma tente d'intimider et de dissuader les jeunes de choisir la voie du militantisme auprès du Peuple. Tavio, dans sa naïveté juvénile, doublée de son impulsion, et sa fougue juvénile non maîtrisées, lui offre mille et autres occasions de l'assassiner facilement et discrètement: ni vu ni connu. Mais si Eyadéma a choisi la voie et le moyen violent (avec armes à feu) spectaculaire, ostentatoire, laissant express sur les lieux du crime traces et signature (les cartes d'identité) des assassins, en pleine rue, c'est pour dire aux jeunes" si vous choisissez la voie du militantisme auprès de masses contre notre régime, voilà ce qui vous attend !!". Mais peine perdue, l'affreux couple France-Eyadéma récolte l'effet contraire de son objectif: plus que jamais, de tous côtes, les jeunes se lèvent vaillamment, pour relever les défis, aux côtés de notre Peuple Insurgé

-Bravo les jeunes !

Lomé, le 29 juillet 1992
Le Parti Communiste du Togo (PCT)


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