OUI A LA GREVE GENERALE ILLIMITEE. POUR LA DEMISSION
DEYADEMA !
NON A CETTE MASCARADE DES FAUX AMIS DU PEUPLE !
Lomé, le 12 novembre 1992
Après avoir bradé, trahi, par leur politique de compromission
continue avec lautocrate Eyadema, les intérêts du Peuple
et de la Jeunesse insurgés; après avoir enlisé la
lutte populaire dans le bourbier de la «Conférence Nationale
Souveraine», ce traquenard dressé par limpérialisme
français avec leur complicité, Ed Kodjo, Agboyibo, Gnininvi,
Ayéva et consorts, ces faux amis du Peuple, sapprêtent
maintenant à lancer ce dernier, sans aucune préparation,
dans laventure dune certaine grève générale
illimitée. Une fois de plus, ils ne font que démontrer leur
opportunisme puant de sapeurs pompiers de la lutte, et des justes et légitimes
aspirations de notre Peuple. On se rappelle en effet, quau moment
où, assailli par la montée impétueuse du mouvement
insurrectionnel populaire, le pouvoir autocratique du despote Eyadéma
était affaibli, terrassé, que lautocrate lui-même
était K.O. debout, et que les perspectives dune grève
générale illimitée se présentaient sous un
jour le plus favorable et le moins douloureux pour le Peuple, ces faux
amis du Peuple avaient rejeté et combattu ce mot dordre lancé
par le PCT. Ils prétendaient alors quils voulaient «éviter
le risque daffrontements», les «guerres tribales»,
«instaurer la démocratie par la voie pacifique, non violente,
sans verser le sang togolais»: le sang a déjà trop
coulé sur la terre de nos aïeux.
Mais voilà quils semparent une fois encore de ce mot
dordre de grève générale illimitée,
et veulent sen faire à nouveau leur cheval de bataille, mais
dune manière irresponsable et perfide qui leur est propre:
cest-à-dire dans le plus grand flou, et sans aucune préparation
politique, idéologique, organisationnelle, sans direction conséquente,
et ce, après avoir eux-mêmes, par leur politique traîtresse
de conciliation, de «Grand Pardon», de compromission, permis
à lautocrate momentanément affaibli, de refaire ses
forces, de se réorganiser. Mais que visent nos «champions
démocrates» par un tel mot dordre ? «Le rééquilibrage
du gouvernement», répond Edem Kodjo, leur porte-parole actuel.
Il nest pas question pour eux de satisfaire la revendication minimale
toujours exprimée par le Peuple et Jeunesse: la démission
immédiate de lautocrate et le démantèlement
de son système doppression. Il est encore moins question
de demander des comptes à Eyadéma et à sa bande de
profiteurs, de tortionnaires et dassassins, et de leur faire rendre
gorge. Ni de rejeter la domination des puissances impérialistes.
Ni daccepter le Contrôle de la Gestion du Bien Public par
les travailleurs.
Il ne sagit nullement de conquérir la démocratie pour
les masses populaires, mais de la poursuite de la même logique propre
aux faux amis du Peuple, celle qui consiste à se servir des légitimes
aspirations populaires, à semparer de justes mots dordre,
à les travestir, à les déformer dans le sens de leurs
propres intérêts, pour aller négocier le partage du
pouvoir néo-colonial avec le despote Eyadéma. Ce nest
sûrement pas par hasard quils ont commencé par fixer
la durée de cette grève «illimitée» à
7 jours. Ces 7 jours constituent un délai quils veulent mettre
à profit pour leurs tractations occultes et sordides avec lautocrate
de Lomé II. On voit aisément que tout cela nest pas
sérieux, et na rien à voir avec la véritable
quête de la démocratie et de la liberté. Ce que veulent
les Edem Kodjo, les Agboyibo, les Ayéva, les Gnininvi, et consorts,
cest la constitution dun autre GUNT où ils seraient
plus largement représentés.
Ils se satisferont de ce résultat, et pour le reste, ils voudront
bien se contenter, une fois de plus, de la parole et des promesses dEyadéma,
dont on sait ce quelles valent. Qui peut, dans les conditions actuelles,
accorder un quelconque crédit à une proclamation de lautocrate
sur «la neutralité de larmée», une des
revendications de cette «opposition démocratique» ?
Il est en tout cas certain que, dès quils arriveront à
un nouvel accord avec cette Calamité Nationale, et que leurs maîtres
impérialistes leur en intimeront lordre, ces faux amis du
Peuple jetteront aux orties ce mot dordre et les masses. Décidément,
les intérêts du Peuple et de la démocratie ne font
pas Partie de leurs préoccupations.
Rappelons-nous: ce mot dordre de grève générale
illimitée, repris par les mêmes déjà en juin
1991, na abouti quà cette funeste «CNS»
dont nous navons pas fini de subir les conséquences néfastes.
Car les affres (qua payées et paye notre Peuple au prix de
tant de sang, de souffrances et de privations) de la situation présente
découlent directement de cette foire de «CNS», et non
principalement , encore moins uniquement de la «carence ou perfidie»
dun Koffigoh, vil et méprisable certes, un faux ami du Peuple
sans conteste lui aussi. Exutoire et facile bouc émissaire pour
les Partisans de cette funeste «CNS», Koffigoh ne constitue
que larbre avec lequel ils tentent de cacher la forêt.
Face à cette situation, le PCT appelle le Peuple et la Jeunesse
à renforcer leur vigilance pour ne pas se laisser abuser une fois
de plus, et entraîner de nouveau dans une voie de garage. Il rappelle
une fois de plus, que la condition indispensable pour la victoire sur
lautocratie réside dans lorganisation conséquente,
en dehors et contre ces faux amis du Peuple et leurs maîtres et
amis impérialistes, dans le refus et la rupture définitive
avec le processus de ce marché de dupes que constitue cette perfide
«CNS». Il invite par conséquent le Peuple et la Jeunesse:
à renforcer partout, à la base et dans la lutte, leurs organisations
démocratiques: syndicats, comités daction
à
en créer là où il nen existe pas encore ; à
intensifier la lutte revendicative, dans leurs unités de travail,
dans les administrations, dans les établissements scolaires et
universitaires, à la ville comme à la campagne.
Cest seulement de cette manière quavec le Parti,
nous créerons les conditions dune véritable grève
générale illimitée, laquelle doit déboucher
nécessairement sur la démission immédiate et inconditionnelle
de lautocrate Eyadéma, sa traduction devant le Tribunal du
Peuple, et la liquidation complète de lautocratie néo-coloniale.
Oui à la grève générale illimitée,
bien préparée, bien organisée et conséquemment
dirigée pour la démission de lautocrate Eyadéma
!!
Non à la grève comme simple moyen de pression pour négocier
avec lautocrate !!
Lomé, le 12 novembre 1992
Le Parti Communiste du Togo (PCT)
|