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Communauté universitaire debout pour un CENOU nouveau

Révolution n°155 du 05 mars 1996


C'est au moment où la France travaillait activement à asseoir, édifier son barbare, moyenâgeux pouvoir autocratique liberticide, anti-jeunes France-Eyadéma, qu'elle créa son UB et son CENOU d'abord pour le Dahomey (aujourd'hui Bénin) et le Togo: pour les deux pays. Après avoir dissous tous les partis politiques pour leur substituer son Parti-Etat-réactionnaire, RPT, interdit toute activité politique indépendante; il va sans dire que la France, dans sa marche vers le verrouillage systématique des libertés démocratiques dans notre pays, n'allait pas laisser ce secteur sensible sans verrou.

Elle fit appel aux éléments du réseau Foccart-ELF locaux Johnson Ampah comme recteur et Folly Léon comme directeur du CENOU. Le Peuple togolais et son mouvement démocratique d'alors connaissaient leur descente en enfer. Cet acquis populaire (le droit à l'instruction, à l'Ecole, acquis par notre Peuple par la lutte et sa victoire sur le colonialisme français): le droit à l'accès à la science va vite se transformer en un étouffoir de l'épanouissement de la communauté universitaire. Très tôt, dès les années 70, la main de fer de la France, par ses agents locaux, le recteur et le directeur de l'UB, va asphyxier littéralement, bloquer l'éveil de conscience aux réalités et à la vie dans notre pays, et limiter la possibilité des étudiants à l'accès à la science, priver la jeunesse estudiantine togolaise de devenir de véritables cadres techniquement compétents et surtout politiquement conscients. Parmi ces deux cerbères placés à la tête de l'UB par la France pour commettre un tel crime contre notre jeunesse étudiante et notre pays se trouve Monsieur Folly Léon, ancien directeur du CENOU, celui-là même, à qui le gouverneur-ambassadeur de France, Delaye, a encore confié la direction, auprès de Mgr Kpodro, de la funeste Conférence Nationale Souveraine (CNS).

Une telle tâche, à lui confiée, n'est pas due à un hasard, mais à une confiance légitime, éprouvée notamment durant près de deux (2) décennies à la tête du CENOU, que la France a placée en lui. En effet, ancien dirigeant de l'AESTF-UNETO, militant actif de la FEANF et de la secte secrète MEMLT, puis du SNETSS, Folly Léon fut un de ces transfuges de l'ancien mouvement démocratique de notre pays. De ceux-là qui (comme les Mivedor, les Eklo, les Afantchao, etc) ont monnayé leur passé de militant à l'impérialisme et se sont mis au service de l'ennemi du Peuple et du pays. Folly Léon fait partie (lui et ses camarades socialistes-petits bourgeois de la chair) de ceux qui se sont donnés la main, à tous les niveaux, ensemble avec l'abominable couple France-Eyadéma, pour maintenir les étudiants dans les fers, l'obscurantisme, ceux qui ont lié les mains et l'esprit, fermé les yeux des étudiants à l'UB, ce, durant près de deux décennies, et favorisé l'édification, le renforcement de l'implantation de la dictature liberticide anti-jeunes du tyran criminel Eyadema qu'incarnait MONESTO-JRPT, organisation fantoche (au détriment de l'AETB) et l'arrivée de l'actuelle milice para-militaire HACAME -Sinon. Qu'est-il parti chercher à la tête de cet organisme éminemment politique et stratégique, poste auquel ses études, sa formation professionnelle (un juriste) ne le condamnaient guère? Et comment a-t-il pu durer si longtemps, sans jamais de heurt avec le pouvoir dictatorial et sa politique anti-jeunes? Ce poste est réputé très 'éjectable' pourtant lui y est resté jusqu'à sa mort.

L'unique voie offerte à cette jeunesse estudiantine (et même à tout le reste de la communauté universitaire) de s'éveiller au moyen des luttes revendicatives économiques, protestataires pour exiger légitimement la satisfaction de leur droit à une vie estudiantine démocratique, digne, leur a été obstruée par la bande à Folly Léon, ceux là qui n'ont pas su ou voulu assumer leur responsabilité de frayer à cette jeunesse politiquement inculte analphabète, mais généreuse, fertile, la voie émancipatrice. Ce faisant, la bande à Folly Léon a empêché cette jeunesse de s'éveiller au combat, de s'élever à ce niveau de conscience lui permettant de jouer son rôle de catalyseur de l'ensemble du mouvement démocratique. La bande à Folly Léon a joué, à l'UB, un sale rôle de sapeur pompier de la lutte et d'éveil de conscience de la communauté universitaire.

Quand la bande à Folly Léon bloque l'éveil de conscience des étudiants: 1er crime contre jeunesse

Par leur politique entriste, opportuniste, réformiste, politique 'du moindre mal', 'd'arrondir les angles pour éviter aux jeunes frères étudiants trop de mal', Folly Léon et ses amis ont permis, en oeuvrant activement à la tête du CENOU à:

- mettre sous éteignoir la communauté estudiantine en particulier, universitaire en général ;
- maquiller à cette communauté la dure et sordide réalité de privation des droits légitimes et des conditions d'injustices et anti-sociales qui lui sont faites.

Ayant truffé toute la communauté de ses agents, Folly Léon était toujours là, prêt (avec un régime ' toujours aussi prêt et compréhensif, attentif à lui accorder toute assistance face à tout amorce d'incendie') à circonscrire, désarmer tout mouvement revendicatif pouvant permettre la prise et l'élévation de la conscience des étudiants: connaître eux-mêmes la véritable nature barbare du régime, et apprendre à se battre en se battant pour conquérir et défendre leurs intérêts matériels et moraux. Les Folly Léon ont, sous le prétexte du 'moindre mal' :

- détourné les étudiants de la lutte quotidienne pour leurs pourtant légitimes revendications réelles, qui les dresse contre le régime en place;
- désamorcé, circonscrit toute étincelle de révolte pouvant mettre en danger les fondements du système barbare de France-Eyadéma;
- aidé à détourner, par de petites concessions apparentes (échange illico ponctuel de tel ou tel repas ou couvert… contesté, fustigé par les étudiants, échange toujours accompagné de sermon et de promesses démagogiques), bientôt reprises ou récupérés par le régime fascisant;
- dévoyé le mécontentement des étudiants dupés, manipulés par 'la chance d'être admis dans ce cercle bien fermé des heureux "élus' à l'UB', par le 'bonheur d'être étudiants grâce à la politique, à la bonté du général Eyadema… 'Et la bourse d'études crapuleusement, odieusement, présentée comme un cadeau, une générosité du Chef d'Etat, Eyadema, à la jeunesse.

Bref, des falsifications, des déformations ordurières, des affabulations véhiculées au sein d'une jeunesse facile à manipuler avec ces sornettes, car née, et plongée, maintenue dans un obscurantisme moyenâgeux, laissée à elle-même, entre les mains des ennemis, avec un mouvement démocratique tombe depuis des décennies au tréfonds des vagues. es Folly Léon ont poussé à la contre-révolution, dans les bras du pouvoir fascisant, liberticide, anti-jeunes, les étudiants incertains et peu éduqués au point de vue politique, n'ayant connu autre vie que celle sous Eyadema. Ils se sont efforcés de freiner la volonté de lutte des étudiants, tentant d'empêcher la réalisation de l'organisation autonome, indépendante, conséquente des étudiants, liquidant au passage l'AETB au profit du fantoche MONESTO-JRPT, aile marchante du Parti-Etat-RPT réactionnaire.

En entretenant l'illusion réformiste d'offrir de meilleures conditions de vie aux étudiants, les Folly Léon dissimulent le but fondamental de la nécessité de la lutte des étudiants en particulier, des jeunes en général. Ils empêchent les jeunes de voir que toute amélioration réelle, toute conquête fondamentale des étudiants et élèves ne peut être obtenue que par la lutte ferme, substantielle, organisée, dans la discipline ; ils ont aidé l'affreux couple France-Eyadéma à continuer son œuvre anti-jeunes, à raffermir sa bureaucratie, sa barbarie moyenâgeuse (à preuve l'instauration officielle de milice paramilitaire HACAME, en violation flagrante des franchises universitaires, à l'UB). Ce n'est pas pour rien que les NATCHABA, les Ayassou Victor… des AGBOBLI Maurille, des piliers du régime ne cessent de louer, de jeter des fleurs ici et là à Folly Léon.

Avec Folly Léon, les affaires juteuses fleurissent sur le dos des étudiants: 2ème crime contre notre jeunesse

Pendant ce temps, au lieu de l'épanouissement des jeunes à l'UB, ne serait-ce que sur le plan matériel, économico-social, culturel, avec le CENOU de Folly Léon, on a assisté à l'épanouissement des affaires. Folly Léon, directeur de CENOU évoluait bien dans le milieu des affaires bien florissantes, sordides et puantes et scandaleuses sur lesquelles nous nous gardons de nous appesantir en détails ici. Donnons seulement, pour illustrer nos propos, deux secteurs où ces affaires se sont bien développées:

- L'organisation quasi officielle, légale par les dignitaires du régime, d'une spéculation immobilière juteuse, insolente, avec l'institution du système des villas privées comme résidence des étudiants, au lieu et place d'une véritable résidence universitaire. Avec l'argent pillé dans les caisses de l'Etat, volé au Peuple, les dignitaires se construisent de nombreuses villas qu'ils louent, de surcroît à des prix d'or, à l'Etat, dans le cadre de logement des étudiants. Parmi ces spéculateurs véreux, il y a aussi des compradores et autres hauts fonctionnaires. Cette entreprise hautement juteuse institutionnalisée est du domaine public. Beaucoup de fortunes se bâtissent au moyen de telles spéculations immobilières honteuses.

- L'autre secteur permettant le détournement crapuleux des fonds du CENOU, ce sont la fourniture et l'achat de gré à gré où toutes les combines et les plus diaboliques fleurissent sur le dos de cet organisme, donc de l'Etat.

Que de millions de francs détournés 'à la régulière' par de telles pratiques systématisées, ce depuis plus de 20 ans, par la petite caste de Folly Léon à la tête du CENOU ! à que de scandales habilement étouffés ! que de richesses amassées par elle à l'ombre du régime dictatorial, sanguinaire, anti-jeunes, France-Eyadéma ! Et on comprend pourquoi la bande à Folly Léon a préféré pousser dans une hibernation profonde leur SNETSS dont ce dernier n'en sortit point ! On voit dans quelle eau nauséabonde nage cette secte politique spontanéiste, populiste, et quelle morale et moralité ces vulgaires opportunistes, réformistes sont porteurs ! C'est pour éviter que ces vérités n'éclatent et que le Peuple ne leur demande des comptes sur leur crime contre notre jeunesse, qu'ils se sont beaucoup activés dans cet autre complot contre notre Peuple Insurgé (PI), à savoir la funeste CNS de l'impérialisme. Et ce n'est ni par hasard ni pour rien que la France a confié la direction de la perfide CNS aux Folly Léon. Non seulement en tant que transfuges de l'ancien mouvement démocratique, les Folly Léon, les Agbobli Joachim Atsutsé… maîtrisent bien les ficelles de la conduite de telles assises mais encore ils ont déjà largement fait la preuve de leur fidélité à l'impérialisme français. Les Folly Léon ont aidé ce dernier à consolider sa domination sur notre pays, contribué à asseoir et à édifier les bases du système dictatorial autocratique, fascisant du sanguinaire despote Eyadema. De sorte que même Folly Léon maintenant décédé, ses structures et compères sont toujours là, certains cherchent à dresser le lit à une nouvelle dictature oligarchique toujours au service de l'impérialisme.

Folly Léon, fidèle serviteur zélé de la France contre les étudiants

'Qui a tué, tuera' dit-on. Folly Léon à la tête du CENOU a contribué largement à la dissolution de la 'turbulente' AETB (on sait notamment le rôle perfide qu'il a joué lors de la lettre ouverte de l'AETB au gouvernement en 1974) au profit de l'imposition des structures d'embrigadement des étudiants MONESTO-JPRT. A la tête du CENOU, les Folly Léon ont tout fait pour empêcher le développement des activités militantes autonomes, indépendantes des étudiants anti-régime sur le campus. Ce, au moyen de chantages, mensonges grossiers, de guerre psychologique assortie d'intimidation et de menaces de toutes sortes et de pression sur les parents d'étudiants.


Bref rien n'est laissé au hasard pour arriver à bout du réveil des étudiants, à toute velléité de ces derniers de se prendre en charge pour faire empiriquement le chemin vers la défense conséquente de leurs intérêts matériels et moraux et vers l'assomption de leur propre destin. Nous passons délibérément, ici, sous silence pour y revenir plus tard, la gestion tout aussi scandaleuse, ignoble, anti-travailleurs par les Folly Léon, du personnel du CENOU. L'épique, le cynisme d'une telle situation c'est qu'au début, les Folly Léon se prétendaient (pour tromper leur monde) des révolutionnaires travaillant à planter dans le régime capitalo-impérialiste néocolonial, de surcroît fascisant, du sanguinaire autocrate Eyadema, des 'jalons révolutionnaires' afin d'opérer une 'modification profonde de la structure en place'.

A supposer qu'ils soient de bonne foi, là, en parfaits opportunistes réformistes, ils ne voient pas que de véritables modifications fondamentalement révolutionnaires ne sont possibles que par le renversement de l'Etat bourgeois en place et la réalisation de la RNDAI. Et ceci nécessite comme condition fondamentale préalable l'existence d'un Parti communiste. Ce qu'ils n'avaient pas daigné réaliser : chacun préférant se réaliser, tous ayant démissionné devant le pouvoir fascisant France-Eyadéma.

Seul un tel Parti (ML) peut, en dépit de toutes les difficultés, de tous les obstacles ennemis, mobiliser les masses notamment estudiantines, dans et à travers les mouvements protestataires, revendicatifs, les grèves et actions, les éveiller à la politique. Seul lui est à même, par sa pratique, sa lutte et son travail politique sur les points essentiels du programme communiste, faire les efforts nécessaires pour les organiser de façon conséquente, aux côtés du Peuple pour la révolution.

Par contre, les réformistes, qui partent d'une indignation plus ou moins sincère devant l'injustice, l'arbitraire, l'exploitation, l'oppression, tentent des actions pour remédier aux tares de la société bourgeoise, 'a rendre plus sociale', sans mettre en cause les fondements mêmes de cette société, sont des semeurs d'illusions. Le radicalisme réformiste du départ de certains finit par se transformer, à la longue, au réformisme réaliste puis à la défense de l'ordre en place. Car la bourgeoisie ne saurait laisser s'opérer des réformes fondamentales, de structure de régime.

Voilà comment les Folly Léon sont devenus de vulgaires opportunistes: les soutiens malfaisants, les bras exécuteurs des complots sordides, pro-impérialistes et anti-Peuple, travaillant au dévouement ou à l'interdiction des tentatives de lutte des étudiants. Et qu'ils sont devenus des ennemis du Peuple. Face à tel CENOU -étouffeur de l'UB, la communauté universitaire, les étudiants en particulier, doivent se mobiliser pour:

- la fin de ce CENOU éteignoir, corrompu;

- que tous ses pilleurs, d'hier comme d'aujourd'hui, soient jugés et qu'ils rendent gorge;

- un CENOU nouveau, démocratique, géré à livre ouvert, au service de l'épanouissement de la communauté universitaire.

YAO AYITE Victorin

Révolution n°155 du 05 mars 1996


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