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Quand Eyadema tend un piège aux militaires togolais réfugiés au Bénin

Cotonou, le 5 octobre 1997

Il y a longtemps le pouvoir autocratique du tyran Eyadema aux abois s'efforce d'exciter notamment (par des manipulations éhontées, des montages grossiers, des intoxications crapuleuses, l'excitation artificielle de haines entre individus. Pensez donc ! exciter les unes contre les autres les nationalités, les Peuples du Togo dans le noir dessein de noyer dans son propre sang le Peuple togolais insurgé, toujours debout) en usant et abusant cyniquement des médias à lui soumis, des éléments du Peuple Insurgé les uns contre les autres; bien longtemps qu'il cherche fébrilement à disloquer le Mouvement Insurrectionnel Populaire (MIP), source de ses actuels cauchemars. Et voilà qu'enfin les regards du gouvernements fasciste de Lomé II se sont arrêtés sur le Bénin où réside un important nombre de réfugiés togolais (parmi lesquels plus d'une centaine de militaires ex-FAT, eux aussi contraints à déserter leur armée et errer à travers le monde). Dès lors, il en a fait une fixation: il n'en dort plus car la majorité de ceux-ci ne le portent sūrement pas dans leur cœur, il est vrai. Beaucoup de ceux-ci ont échappé à "la nuit de longs couteaux" togolais de Mars 1993 organisée au sein des FAT par Eyadema qui, quelques jours avant, leur chantait son amour. Ainsi échaudés, non seulement ils ne croient pas à la parole de leur général mais encore ils l'évitent comme le SIDA.

Mais voilà, après avoir, avec la complicité de ses compères, les Faux Amis du Peuple (FAP), semé la zizanie, des troubles, la méfiance, les divisions artificielles au sein de la colonie togolaise réfugiée au Ghana, après en avoir assassiné plusieurs parmi les meilleurs, le sanguinaire bourreau Eyadema se reporte sur les réfugiés togolais du Bénin. Il veut en finir avec ces derniers tout en préservant et récupérant ses agents et autres éléments à lui acquis, ou flottants. C'est dans ces manoeuvres perfides, sordides que se situent ces appels insistants de Eyadema en direction des militaires ex-FAT réfugiés au Bénin, appels auxquels ces derniers ont toujours répondu non. Voici ce qu'ils en disent de nouveau.

Oui, nous allons rentrer au pays ! mais pas sous le diktat, les injonctions, ni aux conditions de Eyadema même via le gouvernement béninois.

Après avoir longtemps nié leur existence, Eyadema, brusquement, déclare aux militaires togolais ayant déserté les FAT et réfugiés notamment au Bénin que: "Désormais, le Togo est un pays sūr. Rentrez chez vous". Mais en fait est-ce que tout va bien au Togo comme le prétend le gouvernement togolais? Est-ce présentement un pays sūr? Les actions meurtrières de nos ex-camarades des FAT pudiquement appelés "éléments incontrôlés" cessé? Les escadrons de la mort genre HACAME "Brigades anti-gang" ont-ils disparu? Tous ces tueurs, ces assassins que nous connaissons, tous (et nous avons jugés et punis pour leurs crimes?) Ceux là au sein des FAT, qui avaient tenté de nous assassiner durant "la nuit des longs couteaux" togolais, le 25 mars 1993 et le plan pour nous assassiner ont-ils disparu? Nous autres nous pleurons toujours nos camarades militaires qui ont été massacrés sauvagement par leurs propres camarades de la même armée. Peut-on présentement circuler de jour comme de nuit, au Togo, en toute quiétude? et même Eyadema, peut-il aller de son bunker Lomé II à la Présidence sans ses chars? Et nos compagnons exilés (qui étaient avec nous) mal avisés. Bref, la source de nos maux, les causes de nos problèmes, des malheurs du Peuple et de notre pays ont-elles définitivement disparu? Hélas que non !

Elles aggravent bien plus encore la situation dramatique de plus en plus insupportable dans notre pays. Mais encore, pourquoi Eyadema s'accroche-t-il mordicus uniquement au seul retour au pays de nous autres militaires et pas de nos compatriotes civils réfugiés comme nous au Bénin? Bien plus encore, pourquoi seulement nous militaires du Bénin et pas ceux réfugiés au Ghana? Continuent-ils de faire trembler le sommeil de notre général ?! donc toujours indésirables au Togo? Si notre général se dit prêt à nous réintégrer au sein des FAT (que nous avons désertée) avec restitution de nos grades et arriérés de nos soldes !?

Il ne peut s'agir, de la part de ce dernier, que de deux éventuelles intentions inavouées, cachées:

- soit, une fois rentrés nous exterminer (comme il l'a déjà fait de nos camarades rentrés);

- soit parce que toujours pourchassé résolument par le Peuple insurgé (toujours sur pied de guerre) notre général complètement isolé, paniqué, menacé, ressent subitement notre nécessité pour sa sécurité face à cette marée humaine togolaise qui s'apprête à déferler sur lui, pense une fois encore se servir de nous militaires pourtant déserteurs de ses FAT, nous qu'il avait ordonné d'exterminer le 25 mars 1993.

Oui, le dos face au mur, face au Peuple togolais de plus en plus furieux, prêt à le déchirer, notre généralissime:

- trouve de moins en moins de nouvelles recrues à former rapidement pour ses FAT, alors qu'il ressent de plus en plus le jour fatidique inexorablement approcher;

- pense alors à nous militaires "déjà opérationnels" déserteurs réfugiés au bénin (connaissant déjà la position ferme de nos camarades réfugiés au Ghana) pour servir de chair à canon dans cette terrible guerre civile qui s'annonce imminente, toute proche, et qui hante le sommeil de notre général surtout après la fin honteuse de son frère d'arme Mobutu.

Il joue des pieds et des mains pour notre retour au pays, à son secours ? ! Nous appelle-t-il au secours et pour nous exterminer ? Toujours est-il que, non seulement beaucoup de réfugiés togolais, civils comme militaires, veulent effectivement rentrer au pays, mais encore nous allons rentrer au pays. Mais pas sous les injonctions du généralissime ni dans les conditions fixées par Eyadema via le gouvernement béninois. Alors que le pays hôte, le Bénin, ne nous a point déclarés "réfugiés encombrants turbulents, mal vus des populations pour être trop envahissants pour elles". Bien au contraire. Alors les raisons, les mobiles d'un tel acharnement, de tels appels répétés auxquels nous avons toujours dit non, se trouvent ailleurs. Ce n'est sūrement pas pour notre bonheur, ni celui de notre Peuple qu'on s'efforce de nous faire rentrer de force, malgré nous, dans un Togo toujours soumis à:

- un état d'exception permanent où on ne peut circuler librement sans se heurter ici et là à divers et multiples points de contrôle des "forces de l'ordre", avec de fréquentes arrestations et détentions fantaisistes, arbitraires…

- un terrorisme, un banditisme d'Etat avec les fameux "éléments incontrôlés de l'armée"

- une insécurité savamment instaurée et entretenue par le régime en place; un régime qui affame volontiers les jeunes, en les privant d'emploi ou de bourses d'études, multiplie des retards drastiques (58 mois) de paiement de salaires, pour mieux les soumettre uniquement à ses manipulations sordides.

Ce sont les Togolais réfugiés eux-mêmes qui doivent décider s'ils rentrent, quand et comment. C'est là leur droit imprescriptible, inaliénable. Certains veulent bien rentrer mais de façon planifiée : partir dans 2 ou 3 ans ou immédiatement. Alors, non au rapatriement forcé ! Oui au droit à l'aide sociale et médicale pour toutes les personnes résidant sur le sol béninois.

Cotonou, le 5 octobre 1997

Révolution n°158 du 30 novembre 1997


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