| Accueil |
| Parti Communiste du Togo |
| Journal |
| M.D.R. |
| M.C.I. |

Réhabiliter et (re)valoriser le métier d'armes de (militaire) et l'armée qui doivent devenir nobles, dignes

Révolution n°157 du 15 novembre 1997


L'armée du Peuple travailleur (la Garde Rouge "GR") comme l'a dit le dernier congrès extraordinaire du Parti, ne doit pas être un refuge, un dépotoir des incapables, des vauriens et d'autres déchets de la société qui n'ont où aller, quoi faire: "puisque tu es taré, incapable de réussir à l'école, ou d'apprendre un métier, je vais t'envoyer dans l'armée", ou "puisque tu ne trouves pas de boulot et que tu te débrouilles bien en football, ils pourront te prendre dans l'armée" ou allez "tous les bons lutteurs (sport) d'EVALA dans l'armée". Voilà entre autres, comment est formée l'armée de France-Eyadéma, formée de brics et de bracs sauf de ce qu'il faut à une véritable armée moderne.

Ajoutez à ces critères de tribalisme, l'ethnocentrisme, le régionalisme, le népotisme, le clientélisme, et vous comprenez facilement comment les FAT se retrouvent l'armée au niveau culturel et professionnel le plus bas de la région, une armée tenue à bout le bras voire portée au dos par l'armée française. La France préférant de tels genres d'armée-toutou, de tels militaires ignorants de tout, incapables qui, sans leurs chefs, en particuliers sans les coopérants, les assistants techniques français, ne sont rien, ne peuvent rien, de simples exécutants béni-oui-oui, ils doivent tout à ces assistants français. De la sorte, la France peut justifier la présence de ses coopérants dans tous les rouages, les compartiments: du sommet à la base des FAT. Ces assistants-gouverneurs y font tout, y ordonnent tout.

Par ailleurs, Eyadéma, le prototype de ces incapables, de ces ignares, de ces médiocres, condamnés à être conduits, menés, de simples et piètres exécutants, est un adepte inconditionnel d'une telle armée, d'un tel système godillot qui leur permet, lui aussi, d'être quelqu'un, un godillot de la France (cf le document "Peuple togolais doit, sur les cendres des FAT, se doter de son armée" fascicule 1). Une armée du Peuple, à qui incombe la noble tâche très importante et vitale et délicate de défendre le Peuple travailleur et le pays, ne doit point être constituée de vauriens, d'incapables, d'analphabètes voire d'illettrés incapables de s'orienter dans la vie, de lire une carte voire d'écrire leurs propres noms. Il ne suffit pas seulement de savoir tirer ou terrasser un adversaire lors d'une lutte, ou d'être un bon chasseur de gibier, cela ne fait pas forcément un bon militaire, un bon soldat, un élément qui, à quelque niveau où il se trouve, est capable de réfléchir par lui-même, de bien s'orienter, se guider, capable de choisir la cause du Peuple travailleur, les intérêts du pays, qui sont les ennemis de ces derniers.

Quelqu'un qui, en plus de savoir tirer, connaît un autre métier ou dispose d'autres qualités professionnels qu'au besoin, l'armée peut faire pour le bienfait, le bonheur du Peuple travailleur et du pays, qualités professionnelles valorisantes, épanouissantes pour l'individu-même, capable d'autres activités extra-armée dans la société: la production de biens, dans le génie rural, la santé, pour bâtir le pays, dans génie civil, l'industrialisation, l'équipement divers, la scolarisation, la formation, les laboratoires, les usines d'armement, l'électronique etc… Bien entendu, on n'exige des soldats d'être tous des ingénieurs, des docteurs, de hauts cadres: ils peuvent être des ouvriers qualifiés. Mais que ceux qui veulent embrasser le métier d'armes doivent être techniquement compétents et politiquement avertis, conscients et utiles au Peuple travailleur et au pays: car à l'opposé des FAT, cette armée du Peuple travailleur ne sera pas un corps parasite: ils doivent, en plus de leur activité principale au sein de l'armée, contribuer à produire des biens sociaux et culturels, en liaison permanente avec le Peuple travailleur avec lequel ils ont le sort lié. Mieux, le contenu du métier d'armes est ici qualitativement différent. Ce qui nécessite des qualités et aptitudes que ne réclament point les FAT, une armée réactionnaire, apatride, de mercenaires, au service de l'étranger. Bien plus encore, ce métier est dynamique et évolue si rapidement que certains pays sont déjà arrivés à la guerre atomique voire à "la guerre des étoiles" alors que nous autres nous en sommes encore avec nos flèches: on interdit à notre Peuple de maîtriser la fabrication et la perfection de son TCHAKAVIM afin de continuer d'importer les armes, de conserver aux puissances impérialistes le monopole de la fabrication et la vente des armes; et partant, notre dépendance vis-à-vis de celles-là puisque nous continuons d'importer massivement leurs armes à des prix d'or, ruineux pour nos pays.

L'ingéniosité et le savoir-faire de nos masses sont ainsi étouffés, réprimés ainsi que les possibilités d'emplois et de développement industriel induit qu'une telle industrie peut générer. Le Togo reste l'un des pays le plus sur-armé de la région. Tout notre phosphate et autres ressources y passent ! Le gros de nos ressources y est engouffré sans effet entraînant pour notre économie. Il est faux et absurde de prétendre, comme le font les valets et agents de l'impérialisme, tels que les Gnininvi Léopold, que " le pouvoir technologique mis récemment (XVII-XIX siècles) au service de l'industrie et de l'économie (par l'Occident) est si totalitaire que l'Afrique ne peut ni ne doit faire autre chose que de l'adopter " (cf revue recherche pédagogie et culture. Numéro spécial 38 novembre-décembre 1978).

Non ! Non seulement les Peuples africains ont largement contribué à l'édification des technologies mondiales, mais ils peuvent encore innover en la matière et doivent continuer d'apporter leurs pierres (aussi modestes soient-elles) à cette édifice commune et non se contenter d'en être de simples consommateurs, voire d'être des prisonniers, des esclaves du "pouvoir technologique de la "métropole capitaliste". Nous ne sommes point à la fin, à la mort des Peuples africains en tant qu'auteurs de l'Humanité, pas plus qu'à la fin de l'Histoire: les Peuples travailleurs africains, comme d'ailleurs leurs homologues du reste du monde, ont encore la capacité de création, les possibilités d'innover. Heureusement alors.

Bref. Le métier d'armes étant dynamique, et évoluant rapidement, exige un perpétuel perfectionnement et de mise à jour, des recyclage périodiques afin de rester toujours à la hauteur de leur mission. Ce qui exige de ceux qui embrassent une telle profession une certaine prédisposition et une certaine aptitude indispensables leur permettant de suivre une telle perpétuelle, permanente évolution culturo-politique et technique. Voilà pourquoi les critères de recrutement au sein d'une armée doivent être précis, significatifs, objectifs et non fantaisistes, subjectifs voire réactionnaires. Pas d'incapables, de vauriens uniquement habiles de leur langue et de leurs jambes pour que dès l'approche d'un affrontement, d'une guerre préfèrent s'en remettre à des troupes étrangères, à des coopérants.

Ils nous faut des Kalachnikov togolais capables de porter le niveau voire dépasser, pourquoi pas? La qualité de notre TCHAKAVIM à celui du Kalach. Evidemment, pour une telle culture de l'excellence au niveau de l'armée nouvelle, celle du Peuple travailleur, il faut revoir complètement nos programmes scolaires et la formation militaire surtout dans leur contenu. Même si cette formation militaire sera de masse. La profession d'armes et l'armée doivent être valorisées, anoblies comme doit l'être leur mission.

KATARA KOUAMI

Révolution n°157 du 15 novembre 1997


Accueil / Vos réactions sur ce site / Contact / Liens
Pourquoi nous sommes communiste / Petit guide du PCT / Congrès historique
"Révolution", organe central du PCT / Archives
Mouvement Communiste International / Mouvement Démocratique Révolutionnaire