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Les étudiants ne baissent pas la garde

Révolution n°157 du 15 novembre 1997


Les étudiants viennent d'entamer de nouveau la devenue rituelle grève de la rentrée universitaire, pour exiger:

- le paiement de leurs légitimes bourses d'études et aide scolaire;
- des responsables du pays à leur préciser l'avenir qu'ils continuent de leur préparer: ils ne veulent plus être des moutons qu'on amène à l'abattoir;
- la construction de véritables résidences universitaires à travers le pays;
- que cesse le sordide chantage à la bourse, bourse qui est droit et non un cadeau du gouvernement, encore moins du chef de l'Etat, Eyadema. Eyadema veut continuer d'affamer, faire mourir de faim, les étudiants pour les réduire à se rendre à Lomé II, pour mendier leur pourtant dû;
- que le gouvernement mette fin à ses pratiques sordides d'utilisation de critères népotistes tribalistes, régionalistes dans l'attribution des bourses et aides.

Les étudiants résistent et refusent de collaborer avec ceux qui assassinent la jeunesse et son avenir, avec ceux qui, régulièrement, cherchent toujours de noyer, au moyen de manœuvres de diversions de toutes sortes, pendant que les sempiternels problèmes soulevés régulièrement par les étudiants restent entiers, pertinents, objectifs. De multiples et sérieux problèmes brûlants, régulièrement s'ajoutent les uns aux autres effectivement à l'UB, freinent dangereusement le fonctionnement normal de notre seule et unique université pour tout notre pays, le Togo. Constamment, le gouvernement envenime cyniquement notre situation déjà dramatique et, masochiquement, à la crise de confiance, la fracture de plus en plus béante entre les étudiants et les autorités du pays.

Alors, devant cette situation pitoyable devenue intolérable et résultant de la démission, plutôt du crime du pouvoir contre la jeunesse, les étudiants n'ont pour seule arme ultime pour défendre leur cause que la grève. C'est ce que, heureusement, les étudiants ont compris et appliquent à juste titre. Ils manifestent ainsi leur refus de la misère, leur colère et leur désir d'agir pour le changement de la situation. Ils s'éveillent de plus en plus, après plus de trois décennies de léthargie, et posent des problèmes brûlants de soif de liberté, de faim de la démocratie, à la France et à Lomé II, préoccupés, eux, à sauvegarder leur pouvoir dangereusement menacé par le Peuple insurgé (PI).

Le choix des étudiants est celui entre l'abandon des (luttes) revendications légitimes objectives et du même coup de toute possibilité d'œuvrer aux côtés du Peuple, ensemble avec le PI, pour le changement de régime politique voire de l'ordre anti-jeunes, anti-étudiants en place, objectif pour lequel ils sont descendus le 5 octobre 90 dans la rue, et sont depuis sur pied de guerre et continuer la lutte. En faisant ce choix de la lutte, les étudiants restent à l'avant-poste de la lutte populaire, montrent à leurs parents, dont ils sont la fierté, la voie de la dignité, de la probité, de la liberté, du bien-être et du patriotisme pour conquérir les espaces de liberté, défendre les franchises universitaires.

A l'instar du peuple togolais et de son mouvement démocratique, le mouvement scolaire et estudiantin a connu des décennies d'étouffement et a touché le tréfonds des vagues. Il vient d'être réanimé, mais sur des bases nouvelles. Les étudiants font partie de ces jeunes descendus dans la rue en octobre 1990; d'abord pour défendre leurs camarades arrêtés et condamnés (au cours d'une parodie grotesque de procès) lourdement pour simple diffusion de tract, puis pour spontanément initier et animer cette historique mini-guerre populaire de partisans qui continue toujours et ne cesse de s'approfondir qualitativement.

Les étudiants, dans leur large majorité, font partie des jeunes qui ne veulent plus vivre de rêves sans lendemain : ils pensent réalités et celles-ci sont la légitimité du peuple, debout depuis octobre-novembre 90, à user de tous les voies et moyens, principalement de la légitime violence révolutionnaire, pour s'émanciper et libérer le pays, ainsi que l'inébranlable certitude du triomphe du Peuple insurgé et de l'instauration de la République populaire indépendante, moderne et de progrès, seul avenir heureux, vivifiant pour les étudiants notamment, puisque celle-ci doit :

- instaurer la justice et la démocratie ;
- favoriser l'enseignement, la formation et l'emploi ;
- mettre fin aux agressions, à la confiscation des libertés démocratiques, à l'apatridie, au pillage éhonté du pays, et aux privilèges dans un Togo dominé par la France et les hommes du RPT.

Voilà pourquoi les étudiants, depuis cet historique 5 octobre 90, restent majoritairement, contre vents et marées, sur pied de guerre.

Les parents qui ploient sous les charges de leurs enfants: de la pauvreté, ils plongent inexorablement dans la profondeur de la misère. Avec les rares parents qui ont la"chance" d'avoir un boulot, la paupérisation s'accentue car :

- leurs déjà maigres salaires sont, non seulement tailladés par de multiples impôts et taxes uniques, dont l'injuste TVA, de surcroît impayés à terme échu ; ils connaissent un blocage arbitraire, sauvage, de leurs avancements, et
- l'amenuisement continu de leurs revenus de la famille;
- la flambée des prix;
- la chute vertigineuse du pouvoir d'achat du peuple travailleur ;
- le chômage des enfants adultes que les parents doivent continuer d'entretenir, de supporter ;
- les charges accrues de l'écolage;
- une situation en constante dégradation;
- l'absence de protection sociale pour tous.

Les parents ploient sous les charges de leurs enfants : pour eux c'est pauvreté, la faim, la mort particulièrement avec la mondialisation et l'intensification de l'exploitation des travailleurs et le pillage du pays. C'est dire que le Togo est au bord d'une guerre civile réactionnaire prenant le Peuple en sandwich. Inutile de dire ici que ces conditions de vie et de travail de plus en plus difficiles, pénibles, rejaillissent directement démultipliées, sur celles de plus en plus insupportables des étudiants.

La faim tenaille les étudiants et stagiaires togolais, au pays comme à l'étranger et ils trouvent difficilement à se loger. Mais…

Directement frappés par une drastique paupérisation qui ne cesse de s'accentuer, les étudiants et stagiaires connaissent toujours:

- des conditions de vie et d'études des plus pénibles;
- de fréquents blocages des déjà maigres bourses et aides d'études;
- de cruciaux problèmes de logement suite à une frénétique spéculation immobilière à Lomé: les loyers flambent et trouver à se loger à Lomé devient, de plus en plus, un difficile parcours du combattant, avec des obstacles multiples quasi infranchissables. Problème qui relance de façon préoccupante, immédiate, la nécessité urgente de construction de résidences universitaires et d'un restaurant universitaire annexe puisque l'actuel est devenu trop exigu.

Les étudiants ont toujours de plus en plus faim de la démocratie, des franchises universitaires sur le campus

Ce n'est plus un secret pour personne que le pouvoir autocratique, liberticide, a remis toutes les libertés en fer. L'affreux couple France-Eyadéma renforce et perfectionne ses méthodes de répression les plus cruelles contre le Peuple, contre la jeunesse, car il est désespéré à la vue du mouvement révolutionnaire ascendant qu'il ne peut plus écraser. Plus encore, avec son armée criminelle et ses corps-francs, tonton-macoutes, genre HACAME, le pouvoir autocratique sanguinaire France-Eyadéma a créé, développe et instrumentalise une insécurité anti-Peuple jusque sur le campus universitaire où sévissent HACAME et certains profs régimistes, mouchards, espions et autres nervis appointés de Lomé II. Mais voilà, une chose est sûre, et notre Peuple en prend progressivement conscience: le régime (présent et ceux à venir) ne peut plus mettre l'éteignoir sur la lutte révolutionnaire du peuple, et les idées patriotiques, progressistes, révolutionnaires, communistes pénètrent davantage le campus universitaire et les établissements scolaires. Et le danger de la révolution mûrit, approche sans cesse, de plus en plus, pour l'impérialisme et ses alliés et appuis locaux.

Malgré ces conditions de vie et d'études scandaleuses, la majorité des étudiants n'abandonnent pas la partie: ils refusent toujours de se laisser contraindre à aller mendier à Lomé II, à retourner à la triste période passée d'humiliation, d'avilissement, celle d'"Animation", de marches et de motions de soutien. Ils refusent de collaborer, de quitter la juste voie de la revendication de leurs droits matériels et moraux légitimes; d'abandonner la vie du mouvement insurrectionnel populaire (MIP), de céder aux tentatives de manipulations sordides, aux séances de"repentir" et même de sacrifier à la diversion de la prochaine mascarade électorale présidentielle.

YAO AYITE Victorin

Révolution n°157 du 15 novembre 1997


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