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L'application du P.A.S. accentue la privatisation de l'Ecole et l'exclusion des enfants de milieux pauvres de l'Ecole

Révolution n°157 du 15 novembre 1997


Depuis la fameuse réforme de Malou et l'instauration de l'infâme "E.N.", avec notamment la fermeture des internats, l'Ecole au Togo n'a cessé de se dégrader davantage et vertigineusement. Mais voilà qui, avec l'application du scélérat PAS du FMI-Banque Mondiale à notre pays, touchant tous les secteurs de la vie économique, sociale et culturelle, aggrave dangereusement cette dégradation de l'Ecole.

En effet, les conséquences des PAS, le III ème en application, sur les conditions de vie des travailleurs et des jeunes sont de plus en plus catastrophiques aggravation:

- du chômage, surtout chez les jeunes diplômés comme d'ailleurs chez les rejetés par l'Ecole Nouvelle
- de la baisse du pouvoir d'achat des salariés, des parents et encadreurs des étudiants
- de l'augmentation des prix particulier des denrées de première nécessité, etc.
- la multiplication et augmentation des impôts et taxes (taxe nouvelle comme la TVA) frappant toujours les déjà maigres revenus des parents et étudiants; sans oublier que l'essentiel du coût de l'instruction de l'enfant revient aux parents: nourriture (internat supprimé), refus de construire des résidences universitaires, logement, habillement, fournitures, parfois la salle de classe et son table-banc, sans compter toutes ces taxes et cotisations dont on ignore la destination.

Pire, les frais de fonctionnement et d'entretien de plusieurs écoles pourtant publiques sont laissés à la charge des mêmes masses pauvres. C'est à se demander où vont les fruits des produits des masses laborieuses, de la vente de nos ressources nationales, nos multiples impôts et taxes et autres dettes contractées au nom du pays ! Cette situation des travailleurs et des masses laborieuses-même, et surtout à la campagne, rejaillit automatiquement sur le monde scolaire et universitaire: il est directement touché par cette grave crise que traverse notre pays. Ses problèmes spécifiques, déjà nombreux, et partant ses revendications, sont bien connus de tous. Mais voilà que le FMI-Banque Mondiale, dans ses remèdes meurtriers, préconise:

- la privatisation (la paupérisation délibérée et effrénée de l'enseignement public rendu de plus en plus inopérationnel, pousse ceux qui ont les moyens à se tourner vers le privé) déjà bien avancée de l'Ecole: les établissements scolaires privés poussent comme des champignons, au détriment de l'Ecole publique, avec des écolages, frais de scolarité, de plus en plus astronomiques, hors de la portée des masses pauvres, excluant du coup leurs enfants de l'Ecole;
- l'aggravation de la sélection dans l'octroi des bourses et aides dans l'Enseignement Supérieur (il faut s'attendre à ce que le montant, déjà dérisoire, de la bourse soit revu à la baisse, tandis que le paiement des frais d'inscription par les étudiants et pour l'obtention de copie continue de monter). Les bourses et aides scolaires sont carrément supprimées arbitrairement, depuis belle lurette, dans le secondaire.

Autant de mesures qui occasionnent des dépenses financières élevées et des implications entraînant la médiocrité des résultats académiques et des problèmes supplémentaires aux étudiants, compromettant leur avenir et ceux de leurs jeunes frères à venir. Autant de mesures draconiennes, désastreuses visant à accentuer la sélection par l'argent, mesures malthusiennes, contraires à toute politique d'enseignement de masse, visant à réserver l'Ecole aux seuls enfants de fortunés, avec l'exclusion des enfants des pauvres, surtout des paysans.

Dans de telles conditions et avec une telle précarité de la vie que connaissent les masses laborieuses, c'est le droit d'aller à l'Ecole, un des droits fondamentaux, un des acquis populaires de la lutte anti-coloniale: avoir accès à l'instruction, qui est bafoué par ces mesures du scélérat P.A.S.

Association Générale des Etudiants du Togo (AGET) s'oppose énergiquement à ces mesures, exige l'arrêt du PAS, appelle tous les étudiants à se mobiliser de façon unie contre la dégradation sans précédent des conditions de vie et d'études et l'impossibilité pour les jeunes frères de pouvoir même s'inscrire à l'Ecole. Alors qu'à longueur de journée on parle cyniquement, démagogiquement de développement du pays. On peut parler sérieusement de développement réel avec des analphabètes.

Déjà le PAS, programme d'Austérité Sociale et de sape de l'Avenir de la jeunesse, refuse l'instruction primaire aux fils de pauvres. Ceux qui, au prix de mille privations de la famille, réussissent à obtenir le BAC ne devront pas pouvoir accéder à l'université. On ne peut plus parler de démission, mais plutôt de sabotage délibéré du régime en place. L'impérialisme et la bourgeoisie locale entendent garder notre Peuple dans l'ignorance et l'analphabétisme, alors que le Togo a tout pour réussir l'éducation des enfants. Personne ne contestera la légitimité d'une telle lutte.

YAO AYITE Victorin
Révolution n°157 du 15 novembre 1997


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