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Après l'échec du marché de dupes des tables-rondes et autres prières, un nouveau leurre, le cirque des élections mascarades

Révolution n°160 du 30 décembre 1997


La France, l'Allemagne et l'Union Européenne ont épuisé les Faux amis du Peuple et autres opportunistes débiles dans des négociations (CNS, tables-rondes, etc.), des dialogues interminables et autres élections "démocratiques, libres, honnêtes, équitables, transparentes" débouchant sur des réformes insignifiantes, ridicules, aussitôt après remises en cause par le liberticide couple France-Eyadéma. Au point que certains éléments de l'UFC et de COD2 des FAP, des opportunistes, finissent par affirmer: "Nous avons déjà été trop loin dans nos concessions. Beaucoup parmi nous au HCR ont même payé de leur personne. Les jeunes sont déçus et nous traitent même de traîtres ".

En effet, beaucoup de compatriotes qui se sont laissés embarquer dans ce processus de négociation, de dialogue, avec un certain scepticisme, mais aussi avec un certain espoir, se sont rendus compte qu'on ne doit rien attendre de ce marché de dupes, qui prône les élections, les urnes comme l'unique voie pour aller à la démocratie. Démocratie qu'il érige par ailleurs en valeur universelle au-dessus des classes: moyen commode de bâillonnement des libertés au service des sombres dictatures militaires, politiques, civiles, qui régentent nos pays et Peuples; celles-là qui gagnent à tous les coups les élections qu'elles organisent, parce qu'elles détiennent l'Appareil d'Etat et bénéficient de l'appui de l'impérialisme, leur maître. Les réalités aveugles le confirment de plus en plus et de jour en jour, de façon plus évidente, à travers le continent o ce processus se déroule, instruisant, édifiant, malgré elles, les Peuples.

En effet, le subterfuge d' "élections démocratiques, transparentes avec présence d'observateurs étrangers, même avec des commissions électorales nationales autonomes ou indépendantes" (CEN au Togo, CENA au Bénin, CENI etc. ailleurs: le même made in France) n'échappe plus à la lucidité et à l'intelligence politique de notre Peuple progressivement mri par près de 40 ans de lutte et d'expériences malheureuses.

Tous ceux qui, après la funeste CNS, faisaient encore confiance aux Faux amis du Peuple, se rendent compte que les partisans de la "Transition pacifique à la démocratie " de " réconciliation nationale pour remettre les Togolais au travail", les trompent. Alors que Koffigoh-Gnininvi, les CDPA, CAR, UTD, FOD/COD et consort clament, sur tous les toits et tous les tons, que le bulletin de vote constitue la seule, l'unique arme du combattant pour la démocratie, ceux-ci découvrent, à leur grand étonnement, l'impuissance du verbe, des incantations, les imprécations lancées en direction des tyrans, face à un despote sanguinaire sans foi ni loi, appuyé par une milice surarmée, l'incapacité à faire accepter et respecter des lois et/ou décisions par un tel bourreau déterminé à ne céder aucune pouce du pouvoir auquel il s'accroche fermement, soutenu par la France toujours partisane de "régime fort" au Togo.

Toujours cette réalité objective incontournable

Aussitôt déclenché, le présent processus électoral met en évidence les problèmes fondamentaux de la société togolaise malgré l'intention de la réaction de la voiler:

- société arriérée, essentiellement petite-bourgeoisie, néo-colonisée;
- le règne de l'ordre néo-colonial, de l'impérialisme principalement français, allié aux valets locaux;
- la dictature autocratique fascisante du pouvoir apatride anti-Peuple du couple France-Eyadéma;
- la profonde crise multilatérale doublée d'une insécurité généralisée permanente savamment entretenue par le pouvoir sur tout le territoire;
- le MIP d'octobre-novembre 90 toujours actuel, source de cauchemars pour le couple France-Eyadéma;
- toutes les institutions, les lois, l'Appareil Administratif en place (même la présence des observateurs étrangers) sont détenus, contrôlés par France-Eyadéma et sont là pour assurer, d'avance, le maintien au pouvoir de ce dernier, par les urnes, pour perpétuer le règne de ce dernier, avec ou sans les FAP;
- les sempiternels maux engendrés par la domination de l'impérialisme, les FMI-Banque Mondiale et leurs P.A.S. et autres ZFI : le marasme économique, la misère matérielle intellectuelle et morale des masses populaires, le chômage, l'inflation galopante;
- l'incapacité du régime à satisfaire les revendications et aspirations populaires;
- la crise générale de la société, crise qui n'a qu'une seule issue, la révolution, la poursuite du MIP et le triomphe de la GCR.

Voilà les raisons spéciales et les conditions dans lesquelles vont se dérouler cette grotesque farce perverse des présentes élections qui acquièrent un caractère crucial pour les ennemis du Peuple insurgé. Oui, c'est une nouvelle et sinistre campagne réactionnaire dirigée particulièrement par l'impérialisme français lui-même, un nouveau processus électoral qui fait partie de la guerre psychologique et du plan qui consiste à renforcer la guerre contre-subversive en marche. C'est une campagne qui cherche dans l'immédiat à jeter la confusion dans le Peuple insurgé, le désagréger. La réaction tente par la force, au nom de la lutte anti-subversion, de casser le MIP et d'imposer la voie déviationniste des urnes, par laquelle elle cherche à gruger le Peuple, désorienter la lutte populaire et freiner le processus révolutionnaire en cours. Une fois de plus, c'est son noir rêve criminel d'écraser pour toujours le Peuple Insurgé et d'anéantir le parti et de bloquer l'ascension du mouvement démocratique révolutionnaire nouveau et d'empêcher le MIP d'octobre-novembre 90 de se poursuivre jusqu'à la GCR émancipatrice qui se poursuit.

La question est de plus en plus claire et évidente pour tous: élément de la lutte pour la réalisation de la Révolution National Démocratique Anti-Impérialiste (RNDAI), la tactique du boycott appliquée par le Parti est, non seulement, de plus en plus comprise par les masses mais encore chaque fois plus victorieuse, matérialisant ainsi dans la lutte de classes dans notre pays une tendance croissante contre les élections-bidons. Elle émousse progressivement cette arme de guerre entre les mains de la bourgeoisie contre la voie émancipatrice, la révolution du Peuple. Cette tactique de boycott et la tendance anti-électorale judicieusement appliquées comme parties intégrantes de notre tactique du développement du processus du MIP vers la GCR, constituent une manière d'utiliser les élections pour développer, amplifier, accélérer la réalisation de la RNDAI.

Les réalités aveugles le montrent de plus en plus et de jour en jour, de façon plus évidente: seule une véritable révolution populaire, seule une lutte armée des travailleurs, de la jeunesse et du Peuple peut renverser l'ordre néo-colonial injuste et criminel. Aucune force ne peut mater et vaincre l'abominable couple France-Eyadéma si ce n'est la force d'un Peuple togolais uni et armé. Prendre cette voie, la seule et unique voie de salut, celle initiée en Octobre 1990 par les vaillants Ekpémog, veut dire s'engager dans une lutte implacable aux côtés des ouvriers, des paysans, et autres travailleurs, des chômeurs, des jeunes, des intellectuels et autres soldats patriotes contre la réaction apatride.

Ceci n'a rien à voir avec les "actions violentes", les coups d'éclat dont l'un ou l'autre groupe de Faux Amis du Peuple (FAP), partisans de "il faut faire quelque chose", peut menacer de temps à autre ses concurrents du couple France-Eyadéma, dans le but de prendre la place de ce dernier. Faut-il encore rappeler ici que les FAP, dans leurs différentes nuances, ainsi que le couple France-Eyadéma, soutiennent et défendent des objectifs et des buts fondamentaux semblables. Malgré les différentes terminologies, ils partagent les mêmes objectifs: maintenir les structures économiques, politiques et militaires fondamentales de l'ordre néo-colonial, et ne diffèrent que dans la forme, les moyens et la façon de les utiliser contre le Peuple travailleur et le pays.

Beaucoup de ces FAP ont servi ou collaboré avec l'affreux couple France-Eyadéma (à qui ils doivent notamment leur fortune) aussi longtemps que ce pouvoir autocratique fascisant leur semblait assuré. Certains restent d'intelligence avec lui présentement. Prendre cette voie salutaire, c'est poursuivre le Mouvement Insurrectionnel Populaire (MIP) et le porter à la Guerre Civile Révolutionnaire (GCR). La GCR débouchant sur la révolution, part du principe que le Peuple est l'auteur et l'acteur de son émancipation; que seules les masses travailleuses, organisées et disciplinées, conduites par l'avant-garde prolétarienne, le Parti Communiste du Togo (PCT) peuvent, à la suite de cette GCR, créer une société nouvelle grâce à son programme pour la réalisation de la RNDAI et le socialisme.

Seule la lutte armée peut mettre fin à l'ordre néo-colonial des oppresseurs, des exploiteurs, des spoliateurs, des pilleurs (étrangers et locaux coalisés), des apatrides et instaurer une République démocratique indépendante moderne et de progrès, une démocratie véritable au service des travailleurs, des pauvres, de la jeunesse, des Peuples.

Révolution n°160 du 30 décembre 1997


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