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LA VISITE DE CHIRAC: ENCORE UNE INJURE POUR NOS PEUPLES !

Le Parti Communiste du Togo 24/07/1999

Le dernier séjour que Monsieur Chirac vient d'effectuer en Afrique et dans notre pays, aura été une fois de plus la confirmation du rôle particulièrement nocif de l'impérialisme français en Afrique, et du mépris raciste de ses représentants à l'égard de nos Peuples. En effet, le Président français ne s'est pas contenté d'apporter, par le fait même de sa visite et de sa présence sur notre sol, sa caution au régime Eyadema, un régime autocratique, cruel, barbare et vomi par le Peuple, et de s'affirmer ainsi une fois de plus comme son principal soutien; il n'a pas hésité à le blanchir d'avance, en déclarant sans vergogne et de manière parfaitement gratuite, que les dernières révélations sur ses crimes résulteraient d'«une opération de manipulation». Mais il n'en est pas resté là. Oubliant pour l'occasion ses nombreuses proclamations et professions de foi sur la démocratie et les droits de l'homme, il a inventé une formule, un «argument» puant de racisme et qui, à n'en pas douter, est un formidable alibi pour l'impérialisme français, et pour les régimes autocratiques, anti-nationaux, anti-populaires qui continuent de sévir dans nos pays. Il faut dit-il, «respecter le rythme africain» dans la marche pour la démocratie.

Ainsi, selon Monsieur Chirac, il y aurait des Peuples pour lesquels la démocratie serait une exigence, une nécessité immédiate, et d'autres, principalement les Peuples africains, qui seraient tenus quant à eux de respecter un certain «rythme». A l'en croire, les agissements criminels du sinistre réseau Foccard, les accords de défense et leurs clauses secrètes conclus avec nos autocrates sanguinaires et corrompus, les interventions militaires répétées et systématiques pour assurer la défense de ces derniers (par exemple en 1964 au Gabon pour rétablir au pouvoir Léon M'Ba; en 1977 et en 1978, au secours de Mobutu; en 1986, en appui à l'autocrate Eyadéma; de 1990 à 1994 en faveur du régime de Habyarimana et des génocidaires rwandais), n'auraient donc d'autre but que celui d'assurer le respect de ce fameux «rythme africain»; comme le soutien apporté, jusque dans ses bouffonneries les plus grotesques, à Bokassa, cet ancien soudard de l'armée coloniale française, qui fut tour à tour président de la république, maréchal, empereur, avant de se faire renverser par des parachutistes français. On voit bien combien il se moque des Peuples africains.

En réalité, Chirac ne fait que reprendre, sous une nouvelle formule, les mêmes termes que ceux qui, il y a quelques années, prétendaient que nous n'étions pas encore mûrs pour l'indépendance, ou, plus crûment, que nous n'étions que de grands enfants que la colonisation ne faisait que «civiliser». Ce terme de rythme africain, c'est fait l'expression du même mépris paternaliste, condescendant et raciste que lui et sa classe vouent aux Peuples africains.

Face à ce qui est sans conteste une injure faite à nos Peuples, et une véritable provocation, le moindre sentiment de dignité, le moindre souci de respect pour les lourds sacrifices que ces derniers ne cessent justement de consentir pour la cause de la démocratie, voudrait au moins que l'on boycotte le séjour de Chirac sur notre sol, que l'on s'abstienne de le rencontrer, en motivant clairement son attitude.

Mais les dirigeants des partis dits d'opposition, ces faux amis du Peuples, n'ont ni la dignité, ni le sentiment patriotique voulus. Alors, ils se sont précipités chez leur maître en rang par deux, sans doute pour entendre de sa part des leçons sur «le rythme africain» de la démocratie. Et si Gilchrist Olympio ne l'a pas rencontré quant à lui, ce n'est manifestement pas pour ces raisons, selon ses propres déclaration. C'est bien là une confirmation de plus, que ces faux amis du Peuple ne sont que des valets, au même titre que les tenants du clan Eyadéma; qu'ils sont seulement soucieux d'accéder au pouvoir néocolonial, et que l'on ne peut compter sur eux pour une quelconque alternative démocratique.

Mais le Peuple lui ne s'y trompe pas. Il en assez d'être toujours méprisé, piétiné. Il comprend de plus en plus qu'il ne peut y avoir de changement démocratique réel sans la rupture radicale des liens de sujétion avec la France, et c'est à juste titre qu'il a massivement boycotté cette visite. Il peut compter sur le Parti communiste du Togo, dont les positions ont toujours été claires à ce sujet. Ensemble, par notre organisation et notre mobilisation, nous balayerons ce régime pourri, nous instaurerons la démocratie véritable dans un Togo libre de toute domination impérialiste.

A bas le couple France-Eyadéma !

A bas les faux amis du Peuple !

A bas l'oppression néocoloniale !

Vive la lutte révolutionnaire du Peuple !

 


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