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Travaillons ensemble à la préparation d’une véritable alternative démocratique

Lomé, 29 mai 2003

Le pouvoir Eyadéma s’apprête à conforter son nouveau coup d’Etat constitutionnel, à se donner une nouvelle légitimité par le biais d’une élection présidentielle bidon. La mascarade électorale qui va se dérouler le 1er juin prochain, ne laisse en effet aucun doute quant à son issue: l’autocrate sera une fois de plus proclamé «élu», et tout a été fait pour cela: le rejet de la candidature de Gilchrist Olympio (1), le rival le plus dangereux, par des institutions aux ordres, un code électoral taillé sur mesure, des cartes électorales fantaisistes, autorisant la fraude à grande échelle…La seule inconnue reste le pourcentage que le pouvoir va s’attribuer, la mode n’étant plus aux élections à plus de 90%.

Mais le plus désolant, c’est de voir les leaders de l’«Opposition démocratique» se prêter à ce jeu sordide. En effet, alors qu’il y a encore quelques mois ils juraient leurs grands dieux qu’ils allaient mettre fin au système du parti Etat RPT (2), ils se sont rendus avec armes et bagages, en acceptant de se porter candidats à cette élection bidon malgré les conditions imposées par l’autocratie. Pire, ils ne se sont même pas donné la peine de s’entendre sur un candidat commun, ni de s’unir pour constituer une majorité électorale, ce qui est pourtant la moindre des choses pour des partisans de la démocratie par les urnes. La CFD (3), autour de laquelle ils ont fait tant de bruits, et avec laquelle ils étaient censés mener la bataille «pour le départ du Chef de l’Etat, «au plus tard en 2003», n’a pas fait long feu. C’est qu’en réalité leur véritable préoccupation c’est: «tant que ce n’est pas moi, vaut mieux laisser gagner Eyadéma».

Il est d’ailleurs remarquable que de nombreux compatriotes qui les suivaient jusqu’ici, commencent à ouvrir les yeux, à se rendre compte de leur véritable nature. «Eyadéma n’aura plus besoin de frauder», fait remarquer l’un d’eux; «spectacle lamentable», observe tel autre à leur sujet. Un autre n’hésite pas à les traiter de «l’opposition la plus bête du monde». Nous ne pensons pas, pour ce qui nous concerne, qu’ils soient réellement bêtes, au contraire. Ils sont parfaitement conscients de ce qu’ils font, car ils agissent dans leurs intérêts de classe, et en cela ils sont inexcusables. Mais à part cela, nos compatriotes ont parfaitement raison de se défier d’eux..

Naturellement, tous sont à mettre dans le même sac, y compris Gilchrist Olympio. Ce dernier passe pour l’opposant le plus résolu, mais en réalité, c’est un velléitaire qui se contente de proférer des menaces pour mieux capituler par la suite. On se souvient qu’après avoir prôné en 1998 «la guérilla politique», il s’est rallié quelques mois plus tard et sans crier gare à l’Accord-Cadre (4), un accord dénoncé dès le départ par les démocrates révolutionnaires, et dont nous connaissons maintenant les conséquences catastrophiques. C’est le même jeu qu’il recommence aujourd’hui: face à la violation de l’Accord-Cadre, au tripatouillage éhonté de la constitution et du code électoral par le pouvoir autocratique, il a commencé par lancer des avertissements et des menaces, reprochant à Agobyibo (5) d’avoir envoyé une liste de noms à la CENI (6), et justifiant le départ de l’UFC (7) de la CFD (8) pour se motif. Mais la pose intransigeante n’a pas duré longtemps, et il a fini par rentrer dans les rangs comme les autres, à se plier à la légalité autocratique. Le recours à la candidature d’Akitani (9), après le rejet de la sienne, n’est en fait qu’un aveu d’impuissance, une preuve de son incapacité à vouloir affronter réellement le régime. Dans le fond, Gilchrist n’est que le fils de son père, qui tente de profiter du mythe créé autour de celui-ci. Mais en dehors de cela, il n’est guère différent des autres. Dans cette situation, il est notable que de nombreux compatriotes déclarent d’eux-mêmes qu’ils ne se rendront pas aux urnes. C’est une attitude censée que nous comprenons et que nous soutenons.

Les leaders de l’«Opposition démocratique» (10) brandissent actuellement, de manière plus ou moins voilée, la menace d’un soulèvement populaire, au cas où Eyadéma sortirait vainqueur de cette élection. Mais cette menace n’est que paroles en l’air, qui ne doivent pas faire illusion. Ajoutons que c’est certainement aussi un signe pour tenter de susciter l’intérêt des puissances impérialistes dont ils ne cessent d’implorer l’appui.. En réalité, nul n’a plus peur d’un soulèvement populaire que ces faux amis du Peuple.

C’est justement parce qu’ils en ont peur et qu’ils l’ont toujours évité, qu’ils ont toujours recherché une solution électorale à n’importe quel prix, et c’est pour cela qu’ils ont une fois de plus apporté leur caution et un alibi démocratique à ce nouveau déni à la démocratie que constitue cette mascarade électorale du 1er juin prochain. Pour se faire une idée des «mouvements» prônés par les faux amis du Peuple et de leurs conséquences, il n’est que de rappeler la «grève générale illimitée» de 1992-1993, et la façon dont elle fut menée.

Toutefois, le Parti Communiste du Togo croit nécessaire d’en appeler à la vigilance des travailleurs et du Peuple, de leur rappeler qu’ils n’ont aucun intérêt à se lancer dans un mouvement qui n’aurait pour but que de remplacer la clique Eyadéma par une clique aussi oppressive, un mouvement qui pourrait conduire à une guerre civile réactionnaire dont ils seraient les premières victimes. Mais un tel rappel n’a aucun rapport avec un quelconque pacifisme bêlant: en tant que marxistes-léninistes, nous savons que les grands problèmes historiques sont toujours résolu par la force et par la violence, et d’ailleurs pour nous l’insurrection populaire demeure plus que jamais d’actualité.

Mais une telle insurrection n’a de chance de conduire à la victoire de la démocratie, que si elle se fait autour d’une véritable alternative démocratique, se traduisant par un programme qui reprenne les grandes revendications populaires. Cela n’a rien voir avec des mots d’ordre tels que «faisons d’abord partir Eyadéma on verra après», qui aboutissement toujours au désastre.

Ce programme, c’est celui de la R-N-D-A-I (Révolution national-démocratique anti-impérialiste), et c’est pour sa réalisation que le Parti Communiste du Togo lance un appel pressant aux travailleurs des villes et des campagnes, à tout le Peuple travailleurs :

  • De boycotter la mascarade électorale !
  • De se démarquer des Faux amis du Peuple !
  • De reprendre de façon nouvelle le mouvement insurrectionnel Populaire jusqu’à la chute de l’autocratie !

C’est là que réside notre salut.

Lomé, le 29 mai 2003

Le Parti Communiste du Togo (PCT).
E-mail : revolution.pct@caramail.com

Notes:
1) Président de l’UFC (pion de l’impérialisme anglo-saxon)
2) Rassemblement du «peuple» togolais (parti au pouvoir depuis 1969)
3) Coalition des Forces Démocratique (UFC, CAR, CDPA, CPP, CDPA-BT, PSR, PDR)
4) Accord signé en juillet 1999 en présence de Jacques Chirac
5) Président du CAR (Comité d’Action pour le Renouveau)
6) Commission électorale Nationale Independante
7) Union des forces du changement
8) Coalition des Forces démocratique (UFC, CAR, CDPA, CPP, CDPA-BT, PSR, PDR)
9) Vice président de l’UFC
10) Gilchrist Olympio, Agboyibo, Gnininvi, Edem Kodjo etc.


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