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Communiqué final du congrès extraordinaire du PCT

Après le grand bouleversement général multidimentiel inédit, les évènements politiques majeurs marquants, nouveaux, qu'a connu notre pays avec le MIP d'octobre-novembre 90 actuellement en stand by, les mots d'ordre qui ont présidé à notre congrès extraordinaire définissent deux (2) des plus importants tâches fondamentales qui se posent à notre Parti: réorganiser le Parti, faire de lui un PCT fort et puissant et prendre la tête du PI pour la conquête du pouvoir.

Aussi, analysant la situation politique et les changements intervenus suite à ce soulèvement spontané populaire en octobre 90, vite transformé en une mini-guerre populaire de partisans, suivi de différents intrigues, pièges, complots (FAR, FOD, COD, CNS, COD2, 4è Constitution, élections mascarades, GUNT, Primature, gouvernement de reconciliation nationale, tables-rondes "Jeu démocratique" etc..., ennemis et massacres, expulsions du pays, refugiés massifs à l'étranger, l'insécurité permanente créee et gérée par les FAT dans le pays aggravant pour les masses les conditions de misère de plus en plus insupportables, le tout conduisant encore le Peuple Insurgé à désirer ardemment et impatiemment à conduire son mouvement jusqu'à la lutte armée, la guerre civile révolutionnaire, notre congrès a conclu que le Togo est en train de vivre la crise la plus profonde de toute son histoire post-coloniale, crise qu'appelle objectivement, intensément la révolution.

Le système politique dictatorial fascisant pro-impérialiste particulièrement français, instauré à partir de 1967 est totalement disloqué, vermoulu par ce MIP: les piliers sur lesquels s'est appuyé le régime néo-colonial autocratique sanguinaire criminel du despote Eyadéma, particulièrement le Parti-Etat-RPT, la Centrale syndicale-Etat-CNTT et surtout les FAT sont sérieusement lézardés et ne peuvent plus garantir (malgré leurs gesticulations actuelles) la pérénité du système politique en place, sans une profonde réorganisation radicale révolutionnaire, préalable. Ce que ne peut pas réaliser la clique vermoulue au pouvoir: même plus de reformette quand celle-ci a rejeté le projet d'alliance (la CNS) que lui a proposée l'autre clan de la GBR non-au-pouvoir, pour un régime oligarchique.

Le couple France-Eyadéma, mortellement blessé, se sent comdamné, mourant, fini. Mais la préférence immuable et ferme de la France impérialiste pour "un régime fort" despotique, de préférence militaire, meilleur garant de ses intérêts, reste plus que de rigueur, surtout en cette période de lutte acharnée de rédistribution des zones d'influence et d'intérêts entre les puissances sur la planète, après l'éclatement du bloc de l'Est, comme la logique attitude de la France consistant à consolider ses intérêts économico-politiques et stratégiques acquis (usurpés) dans notre pays et dans la sons-région. Elle ne veut point lâcher Eyadéma cramponné à ses privilèges de caste de GBR et aux intérêts de la France, fidèle à la défense de l'ordre néo-colonial.

Dans cette présente situation, qui n'a pas d'issue dans le cadre institutionnel actuel, la guerre civile révolutionnaire est devenue incontournable : le Togo ne peut en faire l'économie. Le problème de la Révolution à l'ordre du jour est devenue une question pratique. Aussi le congrès a abordé les problèmes fondamentaux de la Révolution comme:

  • l'objectif stratégique bien affiné de celle-ci,
  • le caractère de la Révolution,
  • la conception du programme pour ce changement révolutionnaire,
  • la guerre civile révolutionnaire unique moyen de résoudre la contradiction principale opposant le Peuple à son ennemi
  • la préparation de celle-ci
  • l'édification d'un PCT, fort et puissant pour notre situation d'avant-garde de plus en plus reconnue, c'est la lutte armée.

En effet, le présent affrontement est entre la révolution et la contre-révolution.

Dans le camp de la révolution, du Peuple se trouvent les forces patriotiques démocratiques,anti-impérialistes,progressistes,révolutionnaires et communistes c'est-à-dire l'immense majorité de la population togolaise «avec les masses paysannes 87% de la population que le Parti doit aussi diriger, déterminer à se lever de nouveau aux côtés de la classe ouvrière pour la lutte pour l'instauration du pouvoir des Conseils populaires d'Etat, l'établissment d'une République Populaire démocratique indépendante moderne et de progrès» qui aspirent et luttent pour la révolution et un pouvoir nouveau anti-impérialiste, patriotique, une société véritablement démocratique qui résolve les problèmes et besoins et aspirations des ouvrières et autres travailleurs, de la jeunesse et des peuples et du pays, et qui préserve l'indépendance et la souveraineté nationales.

Dans ce camp, le congrès a constaté l'insuffisance de force, de capacité et de moyens du Parti, face aux exigences de la situation révolutionnaire du moment. Les causes de cette défaillance du Parti ont été analysées. Les voies et moyens pur y remédier, rapidement, indiqués.

De l'autre côté, c'est le camp de la Grande Bourgeoisie Réactionnaire (GBR) locale, de l'impérialisme et des FAP, ceux-là qui craignent comme le SIDA, l'insurrection armée du Peuple (IAP) et font tout pour le maintien en place et le renforcement du régime criminel sanguinaire France-Eyadéma afin, espèrent-ils, "d'empêcher une guerre civile".

Face à cette ambition contre-révolutionnaire, la tâche principale immédiate du Parti est de se préparer activement et de préparer le Peuple à continuer sereinement et consciemment son combat émancipateur. Dans une société de classes bloquée, comme la nôtre, la révolution et la guerre civile révolutionnaire sont inévitables. Sans elles il est impossible d'obtenir un développement véritable de la société, de renverser la GBR qui entrave le progrès et de permettre au Peuple de prendre le pouvoir.

Dans un Togo néo-colonisé, sans la lutte armée il n'y aura pas de place et de liberté pour le prolétariat ni pour les masses travailleuses ni pour le Peuple ni pour la jeunesse ni pour le PCT et pas de victoire pour la Révolution.

Aussi, après avoir réaffirmé sa ferme volonté de poursuivre impertubablement de façon consciente et rationnalle ses stratégies générales et tactiques, à savoir les objectifs clairement formulés par le Parti et qu'il s'est fixé à réaliser, le congrès a donné au CC élu la mission impérative de prendre la tête du MIP, présentement en stand by, pour le conduire au stade supérieur, celui de la lutte armée émancipatrice, la réalisation de la RNDAI. C'est-à-dire de travailler activement pour atteindre les objectifs et autres sérieuses exigences immédiates du Parti que sont:

l'organisation des masses afin qu'elles jouent leur rôle,la constitution et/ou le renforcement des Comités Populaires d'Action (CPA) en tant que forme d'organisation autonome des masses (FDR-la Convergence du Peuple, Gouvernement révolutionnaire du Peuple etc...) permettant à ces dernières d'accomplir des tâches dans la mobilisation politique et dans la lutte armée [Comité Militaire National - CMN -, Conseil supérieur de guerre révolutionnaire, (CSGR) Comités de guerre populaire de partisans et de milice populaire, etc...].

Le congrès a tiré clairement nos conclusions politiques essentielles, redigé une résolution politique d'ensemble indiquant les grands axes de notre analyse. Pour ce faire, les différents thèmes essentiels de l'impérialisme international particulièrement ceux intervenant directement dans notre pays (Allemagne, USA, Japon, Chine), singulièrement français et du couple France-Eyadéma et des FAP ont été dégagés et ont fait l'objet de dossiers et d'analyses plus fournis au cours de cette assise importante historique. Sans oublier celui sur le reformisme et l'opportunisme petits bourgeois au service des forces réactionnaires contre-révolutionnaires: ceux qui ont travaillé activement au devoiement des luttes et à la trahison du Peuple Insurgé, au maintien de la GBR autocratique fascisante, pro-impéraliste, apatride, criminelle, corrompue et corruptrice, France-Eyadéma.

Les axes politiques et idéologiques principaux du Parti refixés, redéfinis, sur le plan organisationnel, le congrès a passé en revue l'organigramme du Parti et a abordé les questions fondamentales vitales comme:
* le fonctionnement correcte de la direction centrale et l'évaluation régulière des cadres dirigeants;
* la formation des cadres;
* la définition, la mise sur pied et/ou le bon fonctionnement de structures et unités efficientes;
* la nécéssité de la répartition des tâches et de la spécialisation;
* la planification stratégique et tactique;
* le bon développement du travail syndical;
* la pratique et le travail de masse;
* la nécéssité du FDR (La Convergence du Peuple) et du CMN.
* la conjugaison du travail clandestin illégal et du travail légal et semi-légal
* l'application des normes du Parti bolchevik (le centralisme démocratique, la discipline leniniste, la critique et l'auto-critique révolutionnaires)
* comment consolider notre unité révolutionnaire prolétarienne et augmenter conséquemment le nombre, effectuer correctement le recrutement des militants du Parti, particulièrement en ce moment d'offensive anti-communiste sans précedent et d'épanouissement du reformisme et d'opportunisme petits-bourgeois au service de l'impérialisme et des forces contre-révolutionnaires.

Le congrès a défini des tâches et priorités spécifiques des cadres.

Aussi il exige de la nouvelle direction du Parti de mener à fond la lutte sur les priorités, sur l'ordre des terrains sur lesquels, il faut mener la réorganisation vigoureuse et ferme du Parti. Le point principal dans ce vaste mouvement de réorganisation sur le plan organisationnel c'est l'édification d'un appareil véritablement communiste bolchevik d'où sera bannie la mentalité petite-bourgoise de passivité, de sectarisme, et qui doit développer le sens de discipline de l'efficacité et de la pratique propre à notre principale méthode: apprendre à faire la révolution en la faisant. Pour cela elle doit oeuvrer activement à:

  • la mise en place et à la consolidation de directions régionales fortes d'où doivent émerger de nouveaux cadres nationnaux, directions régionales qui ont une influence déterminante sur toute la pratique de la base;
  • former l'équipe de dirigeants de cellules et nouveaux cadres du Parti.
  • introduire une spécialisation dans l'organe supérieur de sorte que les différents aspects de l'activité des cellules soient dirigés et contrôlés;
  • réaffirmer la définition de différentes responsabilités dans les cellules afin d'améliorer la discipline, le sens de la pratique et l'efficacité;
  • aiguiser le sens de la responsabilité au sein des cadres dirigeants;
  • travailler à une formation et à une promotion accélérée d'une nouvelle génération de cadres dynamiques
  • mener des luttes idéologiques conséquentes pour améliorer nos faiblesses, pour des révisions radicales de conceptions, de comportements et d'habitudes néfastes.

Après quoi, a été réalisée une brève étude-synthèse montrant comment les différents éléments du camp ennemi du PI ont été touchés et se repositionnent, réagissent sur l'échiquier togolais.Ensuite le congrès a montré comment toutes les discussions actuelles à mener dans les milieux progressistes révolutionnaires, démocrates doivent tourner autour de deux (2) points essentiels :

a) comment les ennemis du Peuple Insurgé se positionnent, s'activent réagissent et font face au MIP et se préparent à la Guerre Civile Révolutionnaire (GCR) devenue pour tous les Togolais incontournable imminente (présentement dans le pays il n'est plus question de discuter s'il y aura guerre civile ou pas, mais de savoir quand , et comment elle aura lieu ? C'est un fait acquis)

b) comment le Parti et le Peuple se préparent et préparent cette GRC.Le congrès a lourdement insisté pour que:
* ces deux (2) thèmes fassent l'objet de vastes campagnes, se prêtent à des manifestes, des articles d'agitation dans la presse du Parti (et autres médias) et autres organisations de masse;
* les conclusions politiques essentielles formulées, ainsi que les idées et mots d'ordre principaux soient propagés activement au cours des 6 mois à venir;
* et que régulièrement une synthèse politique traitant de changements essentiels intervenus sur la scène nationale et internationale, se fasse;
* le tout suivi régulièrement d'action.

Point nodal de ce congrès, ce dernier a fait clairement ressortir que la lutte pour un pouvoir nouveau, par la voie révolutionnaire, par la lutte armée du Peuple est une tâche immédiate qui incombe à tous les patriotes anti-impérialistes,anti-néo-colonialistes togolais, civils comme militaires.

La nécéssité se fait plus que pressante, urgente, d'avancer vers la constitution d'une force de changement, d'un front démocratique révolutionnaire(FDR)intégrant tous les éléments patriotiques, démocratiques, progressistes, révolutionnaires et communistes, des réligieux et y compris les soldats patriotes des FAT, autour d'un programme immédiat à caractère démocratique et anti-impérialiste qui apporte une solution révolutionnaire, radicale à la contradiction principale du moment. Cette contradiction c'est celle qui oppose la majorité de la population togolaise à la GBR locale alliée et suppôt de l'impérialisme international français en particulier. La tâche d'importance de l'heure c'est de relever de façon pratique le défi de conquérir le pouvoir.

Dans des moments historiques, comme aujourd'hui, où la lutte des classes s'est élevée à des niveaux insoupçonnés, où la tâche de l'heure est d'organiser rapidement, conséquemment le Peuple pour porter à un niveau supérieur, ultime, l'insurrection populaire d'octobre - novembre 90, pour des affrontements décisifs armés, toute passivité constitue non seulement une irresponsabilité, une faute mais un crime vis-à-vis du Peuple Insurgé.

Aussi, après l'adoption d'une serie de résolutions, de décisions d'ensemble et tactiques, de thèses, de motions, de recommandations allant dans ce sens, le congrès a lancé un appel au combat résolu à la classe ouvrière, à la paysannerie, aux masses travailleuses, aux soldats patriotes des FAT, à la jeunesse et aux peuples togolais, les invitant à reprendre le Mouvement Insurrectionnel Populaire en stand by, pour le porter à la Guerre Civile Révolutionnaire en vue de la prise du pouvoir avec l'idée maîtresse que seul un PCT puissant, fort constituera l'arme essentielle de la révolution et de la Guerre Civile Révolutionnaire émancipatrice l'outil de la victoire. Avec ce congrès extraordinaire historique le prolétariat togolais, compte plus que jamais avec le Parti Communiste (ML), le PCT, Parti de la Révolution, imprègné de la problématique nationale de ses devoirs, de sa responsabilité historique et décide d'apporter une solution aux serieuses exigences actuelles immédiates et à n'importe quelle conjoncture qui pourrait se présenter.

Mais nous sommes aussi conscients que nous devons nécessairement rompre, définitivement, avec une certaine pratique sectaire, attentiste, une certaine passivité : cesser de nous comporter comme si nous avions toute l'éternité pour nous, tout le temps pour nous, afin de pouvoir mettre à profit la potentialité révolutionnaire du Peuple togolais qui, avec son mouvement insurrectionnel d'octobre - novembre 90 s'éveille au combat, sur une base nouvelle révolutionnaire, revigore le mouvement démocratique anti-impérialiste de manière inédite, particulièrement en déchirant la vieille camisole du pacifisme bêlant. La dynamique de la situation créée au Togo (et sur tout le continent) exige du Parti, détermination, fermeté, initiative suffisante pour mettre au maximum à profit:

  • la crise inextricable dans laquelle se débattent l'affreux couple France-Eyadéma, et les FAP,
  • l'oeuvre glorieuse de notre jeunesse populaire héroïque Ekpémog avec son mini-guerre populaire de partisans, et
  • la formidable poussée insurrectionnelle et de cete volonté ouvertement affirmée, tenace, du PI pour liquider le fascisant pouvoir autocratique du despote Eyadéma, chasser l'impérialisme français du Togo.

Pour son propre bonheur le Peuple togolais, comptant sur ses propres forces, doit poursuivre la lutte, honorer la mémoire des martyrs, lutter jusqu'à conquérir le pouvoir.

Alors tous ensemble au combat autour du juste mot d'ordre plus que jamais actuel de:

Eyadéma démission!
vivre le MIP!
France hors du Togo!
Vivement la GCR!
VIVE LE PCT!

Fait à Lomé le 31 décembre 1996
Le Congrès Extraordinaire du PCT


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